Provenance :
Collection privée, Allemagne.
Plus rare dans l’iconographie religieuse, le Retour de la Fuite en Egypte représente le voyage inverse, lorsque la Sainte Famille et le Christ grandet,...
Mehr lesenProvenance :
Collection privée, Allemagne.
Plus rare dans l’iconographie religieuse, le Retour de la Fuite en Egypte représente le voyage inverse, lorsque la Sainte Famille et le Christ grandet, regagnent les terres de Nazareth qu’ils avaient quittées pour échapper à la fureur d’Hérode. Né de quelques lignes dans l’Evangile de Matthieu, le thème de la Fuite en Egypte tient une place considérable dans la production des peintres au XVIe et XVIIe siècle. Maaerten de Vos ne choisit pas de figurer la Fuite à dos d’âne, ni même le Repos qui l’a suivi. Il choisit de peindre la Sainte Famille traversant un fleuve, comme l’avait fait Moïse traversant la Mer Rouge, en route vers la Terre promise.
Campée dans un paysage panoramique, la scène nous décrit le passage d’un fleuve. La Famille est installée sur un esquif conduit par deux bateliers, tous deux perchés sur la proue et la poupe de la barque. La Vierge, Joseph, le Christ et leur âne ont pris place à bord. Une cinquième personne, vêtue d’une belle robe bleu azur fait aussi partie de l’équipage. Qui est-elle ? Une villageoise profitant de l’expédition pour passer le fleuve ? Ou alors est-elle, comme le veut une tradition médiévale, une des enfants de Joseph qu’il aurait eu d’un précédent mariage?
Toujours est-il que le peintre redouble ici d’invention pour marquer le mouvement de l’embarcation sur l’eau. Au premier plan, les tourbillons laissent présager une force surnaturelle, tandis que chacun des nautoniers se courbent pour pénétrer l’eau de leurs rames. La grande beauté du paysage d’arrière-plan témoigne de l’influence du voyage en Italie de notre artiste. On notera également la variété des expressions de ce groupe de personnages, qui comme dans chacune de ses œuvres, prouve le talent de ce maître à dépeindre les passions de l’âme. Sa palette, composée de bleus, de rouges et d’ocre, fait de cette miniature sur cuivre un tableautin ravissant.
1532 – Anvers – 1603
Originaire de Hollande, Maarten de Vos naît à Anvers d’un père peintre, Pieter De Vos, natif de Leyden et inscrit à la Guilde de Saint Luc d’Anvers en 1507. Benjamin de...
Mehr lesen1532 – Anvers – 1603
Originaire de Hollande, Maarten de Vos naît à Anvers d’un père peintre, Pieter De Vos, natif de Leyden et inscrit à la Guilde de Saint Luc d’Anvers en 1507. Benjamin de quatre enfants, Maarten a surement été formé dans l’atelier de son père. Il aurait également pris part à un voyage en Italie en même temps que Pieter Bruegel en 1552. De passage à Rome puis à Venise, on sait qu’il aurait réalisé des paysages d’arrière-plan pour le Tintoret. En 1558, il s’inscrit à la Guilde de Saint Luc d’Anvers et épouse Joanna Le Boucq. A partir de 1564, il jouit de commandes prestigieuses passées par le riche commerçant anversois Gillis Hooftman, puis est appelé à Celle en 1570 pour décorer la chapelle palatine du duc Wilhelm II de Braunschweig-Lüneburg. Grâce à cette notoriété grandissante, il est nommé doyen de la Guilde en 1572. Ensuite, c’est au travers de grandes commandes de confréries anversoises qu’il exécute des retables monumentaux pour la Cathédrale d’Anvers. Peintre avant tout de scènes religieuses, il est aussi portraitiste et dessinateur émérite. D’abord maniériste, son style évolue et devient clair et descriptif, ce qui correspond parfaitement aux idées de la Contre-Réforme.