Provenance : collection privée.
Tout au long de sa carrière, Georg Flegel a assimilé la nature morte à un défi de la représentation des objets et de leur agencement. Notre nature morte aux raisins,...
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Tout au long de sa carrière, Georg Flegel a assimilé la nature morte à un défi de la représentation des objets et de leur agencement. Notre nature morte aux raisins, pommes et cruche est le résultat de ses recherches, qui l’ont propulsé au rang de plus grand peintre de nature morte en Allemagne au début du XVIIe siècle. Après avoir étudié les compositions grand format de Lucas van Valckenborch, Flegel adopte un style personnel en travaillant les petits formats et les repas modestes, comme le prouve notre ravissante nature morte. En digne héritier de la tradition flamande, il pose dans ses compositions les références à l’abondance des tables aux Pays-Bas. Le cuivre que nous présentons est typique de ces compositions condensées, dont les objets occupent toute la hauteur de l’image. Flegel adopte ici, suivant la pratique archaïsante, un point de vue encore relativement haut, ménageant une vue plongeante sur l’arrangement additif des comestibles et autres ustensiles de table.
Une grande variété de formes et de matériaux composent ce tableau. Sur une table de bois, sont disposés divers fruits : pommes, poires et noix dans une écuelle d’étain, grappes de raisins dans une assiette, pêches et poires à même la table. Autour de ses fruits gravitent de petits insectes et un campagnol en quête de friandises. Rappelant le caractère éphémère de la vie, une noix ouverte est peinte au pied de la cruche et d’un verre rempli de vin. Le motif du verre, dont la beauté du pied est remarquable et la transparence si finement reproduite, n’est pas sans rappeler l’influence de Sébastien Stosskopf, actif à Strasbourg à la même époque. Du point de vue symbolique, le choix des fruits et de leur arrangement n’est en rien anodin : pommes du Pêché originel et raisins du sacrifice du Christ sont ici juxtaposés.
Cette fine couche de peinture, lisse et émaillée, aux couleurs assourdies et cette manière dont les objets ne craignent pas de se superposer sont autant de caractéristiques propres à la peinture de Flegel. Travaillant à partir d’études minutieuses, notre peintre démontre ici son goût pour la création de compositions qui semblent accidentelles et prises sur le vif. Il invite le spectateur à se perdre dans la contemplation amusée de la perfection des détails tout en élevant notre âme à la compréhension symbolique d’une œuvre basée sur la finalité de notre condition et à l’espoir apporté par la résurrection.
1563 Olmutz - Francfort 1638
Georg Flegel est un des peintres de natures mortes les plus importants du XVIIème siècle ; le premier et le plus talentueux spécialiste du genre en Allemagne....
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Georg Flegel est un des peintres de natures mortes les plus importants du XVIIème siècle ; le premier et le plus talentueux spécialiste du genre en Allemagne. Principalement peintre de tables garnies, agrémentées d’orfèvreries allemandes et de cristaux de Bohème, il n’introduisait qu’occasionnellement des fleurs dans ses tableaux.
Bien que né à Olmutz, (actuellement en Tchécoslovaquie), en 1563, il s’installa à Francfort et devint bourgeois de la ville au cours de 1597 : ce qui laisse supposer qu’il y résidait déjà depuis quelques années. Il y avait rencontré Lucas et son frère Martin van Valckenborch (peintres à la Cour des Archiducs Ernst et Mathias) arrivés des Flandres en 1592 en quête de tolérance religieuse. Il y connut aussi Daniel et Isaac Soreau qui s’étaient installés non loin de là, à Hannau.
Chez Georg Flegel, l’arrangement des objets individualisés et son coup de pinceau sont si inimitables, qu’il est erroné de comparer ses œuvres à celles de ses contemporains hollandais et flamands. Au cours des années 1593 à 1597, Lucas van Valckenborch et Georg Flegel ont collaboré à de grands tableaux. Les figures monumentales, peintes par le Flamand et les riches natures mortes par l’Allemand.
Georg Flegel poursuivit une carrière artistique qui le classa parmi les plus grands maîtres allemands. Les archiducs Maximilien de Bavière et Ernst du Tyrol furent ses distingués protecteurs. Il résida à Francfort jusqu’à sa mort en 1638. Il eut comme élève Jacob Marrel et fort probablement Pieter Binoit.