Provenance : collection privée.
Le Maître des demi-figures, surtout réputé pour ses représentations de Sainte Madeleine, est un peintre de paysage surprenant. On attribue à son corpus de...
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Le Maître des demi-figures, surtout réputé pour ses représentations de Sainte Madeleine, est un peintre de paysage surprenant. On attribue à son corpus de paysagiste des Saint Jérôme, des scènes de la vie de Saint Jean-Baptiste, mais aussi de très belles Sainte Famille. C’est dans ce dernier thème que prend place notre paysage panoramique avec repos pendant la fuite en Egypte ; étonnante illustration du savoir-faire d’un maitre excellant dans le portrait tout en étant capable d’égaler les grands spécialistes du paysage de son temps.
Héritier de Joachim Patenier, le Maître des demi-figures ne déroge pas aux règles de la tradition du paysage anversois. La profondeur de champs provient de l’échelonnement de plans parallèles, fondus les uns aux autres grâce à l’utilisation habile de la couleur bleue. De même, l’artiste prendra soin de choisir un point de vue légèrement surélevé par rapport à la scène. Des éléments du paysage sont également repris du vocabulaire de Patenier : ainsi l’arche de pierre, que l’on retrouvera plus tard chez Herri Met de Bles.
Malgré cette filiation, le Maître des demi-figures se démarque des compositions de Patenier par la taille importante accordées aux personnages (compte tenu de l’échelle du décor). En effet, si l’on compare sa production avec celle de ses contemporains, le peintre prend soin de donner aux protagonistes une taille relativement importante. La barrière de pierre, formée par le monticule rocheux, remet la sainte Famille au cœur de la composition. Cette dernière ne se voit plus reléguée au fond du paysage, mais redevient bien au contraire le centre de la narration.
Le paysage fusionne parfaitement avec les personnages. La Vierge tendant son sein à l’Enfant (vierge lactens) se voit souvent représentée ainsi par les peintres de l’époque. Faisant échos à la percée colorée que constitue l’arche de pierre, son long manteau bleu forme un élégant drapé tandis qu’un voile blanc entoure son visage et vient couvrir le Christ. Au dessus d’eux se trouve Joseph, en train de cueillir des fruits. Cette représentation du père cherchant de quoi nourrir sa famille est, elle aussi, habituelle en cette première moitié du XVIe siècle : on la retrouve notamment dans le tableau de Patenier conservé au Musée Thyssen-Bornemisza ainsi que dans une autre version du repos pendant la fuite en Egypte du Maitre des demi-figures. Le lait maternel et les fruits sont autant de rappels de l’humanité pleine et entière du fils de Dieu… aspect que l’Eglise entendait rappeler en cette période de crise et de réforme de la Foi.
Par son format original, proche de la miniature, par une technique d’exécution irréprochable et par une qualité de conservation rare, cette version du repos pendant la fuite en Egypte se classe d’emblée parmi les exemples les plus représentatifs de la production paysagère du Maître des demi-figures. La rareté de ses paysages accroît encore la valeur d’un tableau maitrisant les acquis des œuvres de Patenier tout en annonçant déjà les compositions novatrices de Lucas Gassel et de Herri Met de Bles.
Actif à Anvers entre 1500 et 1550
Ce maître actif durant la première moitié du XVIème siècle est resté non identifié. Il est surtout célèbre pour ses portraits de femmes, représentées à mi-corps,...
lire la suiteActif à Anvers entre 1500 et 1550
Ce maître actif durant la première moitié du XVIème siècle est resté non identifié. Il est surtout célèbre pour ses portraits de femmes, représentées à mi-corps, souvent vêtues de riches vêtements. Le caractère élégant de ses modèles, les sujets de ses tableaux inspirés par la musique ou la poésie ont conduit les historiens à supposer qu’il travailla à Malines, dans le milieu raffiné et cultivé de Marguerite d’Autriche, Gouvernante des Pays-Bas de 1518 à 1530, dont Bernard van Orley fit le portrait. Le peintre anonyme est peut-être issu de l’atelier de celui-ci. Cet artiste peignit aussi des paysages agrémentés de scènes religieuses. Sa conception du paysage panoramique est redevable à l’influence de Joachim Patenier, qui vécut à Anvers jusqu’en 1524. Ces diverses observations convergent pour justifier l’hypothèse que le Maître travailla à Anvers et à Malines, et que son activité se développa entre 1527 et 1540.
Les types morphologiques constants de ses modèles féminins le différencient de ceux des tableaux d’Adriaen Isenbrant et d’Ambrosius Benson, ses contemporains, auxquels il fut toutefois comparé, notamment pour les sujets religieux. Les œuvres de ce Maître restent principalement associées aux figures de jeunes femmes, représentées à mi-corps; la tête tournée de trois quart, le visage ovale, les sourcils arqués, la bouche aux lèvres ourlées, les cheveux coiffés le plus souvent avec une raie centrale, les mains fines et soignées sont les caractères d’un modèle idéalisé que le Maître des demi-figures a repris dans tous ses tableaux. Ce modèle féminin apparaît également dans les tableaux à sujets religieux.