Provenance :
Galerie De Jonckheere ; Collection privée
Contemporain d’Hendrick Avercamp, Anthonie Verstralen se spécialisa lui aussi dans la peinture de paysage de neige. Misant sur une...
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Galerie De Jonckheere ; Collection privée
Contemporain d’Hendrick Avercamp, Anthonie Verstralen se spécialisa lui aussi dans la peinture de paysage de neige. Misant sur une perspective parfaite ainsi que sur des effets atmosphériques profonds, le peintre allie poésie du thème et facétie des personnages pour faire de notre Paysage hivernal avec scène de patinage sur une rivière gelée bordée de moulins un des plus beaux exemples de son art.
Contrairement à son habitude, Verstralen ponctue sa composition d’un nombre conséquent de personnages. Ceux-ci, sortes de petits accents colorés rouges, orangés, mordorés ou gris perles, se retrouvent disséminés dans un panorama d’une grande sérénité. Son paysage baigné d’une lumière douce, est l’œuvre d’un virtuose. L’agitation des hommes se mêle à la magie du ciel et au calmùe de la campagne. Chaque élément qui s’en dégage s’inscrit dans la plus pure tradition du paysage de neige amstellodamois initié par Hendrick Avercamp. Les effets atmosphériques présents ici sont dignes des meilleures compositions du maître, comme celle exposée à La Haye .
L’artiste suit un modèle efficace : au premier plan, d’élégants citadins s’essayent aux nombreux jeux se déroulant sur un canal pris par les glaces. Le kolf (ancêtre du hockey), le traîneau, et surtout le patinage sont autant de disciplines qui défilent devant les yeux des quelques craintifs restés sur les berges. La beauté des personnages, vêtus à la mode hollandaise du XVIIe siècle, réside dans leurs attitudes chorégraphiées. Au premier plan, deux patineurs en pleine vitesse sont peints à l’image de deux danseurs synchronisés. Plusieurs font dos au spectateur, d’autres sont présentés de profil : la grande variété dont fait preuve Verstralen montre son grand répertoire pictural. Sa composition dotée d’un joli rythme et d’un équilibre parfait peut rivaliser avec celles d’Avercamp.
Autour de cet espace gelé, les berges sont occupées par de charmantes maisonnettes tandis qu’au loin les tours et beffrois d’une ville percent l’horizon. Dans notre paysage hivernal, deux imposants moulins découpent de leurs ailes le ciel chargé de neige. Ils sont évidemment le
signe distinctif d’une atmosphère hollandaise, que Verstralen se plaît à représenter dans nombre de ses œuvres . Historiquement, l’illustration de l’hiver prend naissance dans la peinture flamande. Les plaisirs y étaient alors souvent associés aux craintes de lendemains difficiles. Le paysage peint possédait ainsi un second niveau de lecture plus moral et philosophique. Nul péril ne se décèle dans cette composition de Verstralen. Autre temps, autre mœurs, l’artiste cherche ici à partager avec le spectateur le bonheur que peut éprouver un bourgeois hollandais lors d’un après-midi d’hiver… Ce grand artiste y réussit avec brio.
1593 Gorinchem - Amsterdam 1641
Né probablement à Gorinchem vers 1593, Antonie Verstralen est mentionné dans les registres de la ville d’Amsterdam en 1628, date de son mariage. C’est dans cette...
lire la suite1593 Gorinchem - Amsterdam 1641
Né probablement à Gorinchem vers 1593, Antonie Verstralen est mentionné dans les registres de la ville d’Amsterdam en 1628, date de son mariage. C’est dans cette ville qu’il semble s'établir définitivement et qu’il se spécialise dans la représentation de paysages d’hiver, genre qui se développe à Amsterdam au début du XVIIe siècle autour de deux figures principales, Hendrick Avercamp et Arent Arentsz, dit Cabel. Il est fort probable qu’ils se côtoyaient et s’influençaient mutuellement si bien qu’il est difficile de déterminer qui fut le créateur de ce genre.
Les oeuvres de Verstralen se caractérisent par un exposé clair et une composition simple, dans laquelle un large canal ou une rivière, pris par le gel, est animé par un nombre relativement restreint de personnages. Le centre reste le plus souvent inoccupé pour mieux suggérer le rendu atmosphérique de ces paisibles évocations de l’hiver. Les personnages, saisis sur le vif, sont décrits dans leurs activités quotidiennes les plus diverses et témoignent, dans un souci grandissant de réalisme, d’une attention particulière et d’un sens de l’observation anecdotique qui seront à l’origine du rapide succès de ces oeuvres.
La ligne d’horizon généralement basse, le parti pris d’unification monochrome en fondant le ciel et l’horizon, l’allongement du format, selon des conceptions résolument modernes, dénotent un souci permanent d’équilibre entre la part narrative accordée aux personnages et à leurs divertissements ainsi qu’à la représentation de l’hiver, véritable protagoniste.
L’unité de l’oeuvre tient à la facture lisse employée par l’artiste ainsi qu’à la perspective lumineuse qui unit les plans entre eux par des transitions à peine perceptibles dans une harmonie délicate caractéristique de l’artiste.