Provenance :
• vente Galerie Charpentier, 31 mars 1960, n° 23 ;
• collection privée.
Ce panneau délicat figurant une Marie-Madeleine à mi-corps assise à son écritoire fait quasiment figure...
lire la suiteProvenance :
• vente Galerie Charpentier, 31 mars 1960, n° 23 ;
• collection privée.
Ce panneau délicat figurant une Marie-Madeleine à mi-corps assise à son écritoire fait quasiment figure de tableau emblématique de la production de ce peintre raffiné et recherché que reste le Maître des Demi-Figures.
C’est d’ailleurs autour d’un corpus de Marie-Madeleine à mi-corps s’adonnant à des activités contemplatives ou musicales que la production du maître fut exhumée de l’oubli au début de ce siècle.
Le type caractéristique de la sainte renvoie directement à l’idéal féminin récurrent chez le peintre, tout en délicatesse et effacement, excluant par là même l’hypothèse d’un portrait déguisé. Certes, il s’en faut de peu, et c’est là l’un des aspects les plus singuliers de sa production, que cette élégante figure féminine à mi-corps ne nous apparaisse simplement comme une jeune aristocrate vaquant avec componction à son courrier. Mais la présence fort discrète du pot à onguents, attribut de la sainte, est là pour nous rappeler l’identité de ce personnage, dont l’apparence plus qu’agréable et non directement identifiable devait d’ailleurs servir de support identificatoire à la piété des commanditaires aisés de ce genre de tableaux.
Par-delà l’élégance de sa mise, l’attention, la modestie de la sainte et la retenue pensive avec laquelle elle tient sa plume figent la représentation dans l’éternité instantanée d’un choix crucial : en l’occurrence, celui de la sainte de renoncer aux plaisirs et conforts matériels pour se consacrer aux jouissances de l’âme. C’est dans ce contexte particulier que le calice couvert, la trouée perspective de l’embrasure de la porte ainsi que le geste suspensif de la Madeleine prennent toute leur signification et ajoutent à la poésie naturelle se dégageant de la représentation une dimension spirituelle et métaphysique, la situant dans la continuité directe des réalisations les plus intenses des Primitifs flamands du XVe siècle.
À titre de comparatifs, on retrouve une fenêtre à treillis grillagé similaire dans la Marie-Madeleine lisant du Musée du Louvre, comme dans celle jadis conservée au Muzeum Narodowe de Poznan où la Sainte était représentée jouant du clavecin. Le topo de la trouée perspective ménagée par l’embrasure de la porte se retrouve, lui, dans la Marie Madeleine, jadis dans les collections Spencer à Althorp House.
Actif à Anvers entre 1500 et 1550
Ce maître actif durant la première moitié du XVIème siècle est resté non identifié. Il est surtout célèbre pour ses portraits de femmes, représentées à mi-corps,...
lire la suiteActif à Anvers entre 1500 et 1550
Ce maître actif durant la première moitié du XVIème siècle est resté non identifié. Il est surtout célèbre pour ses portraits de femmes, représentées à mi-corps, souvent vêtues de riches vêtements. Le caractère élégant de ses modèles, les sujets de ses tableaux inspirés par la musique ou la poésie ont conduit les historiens à supposer qu’il travailla à Malines, dans le milieu raffiné et cultivé de Marguerite d’Autriche, Gouvernante des Pays-Bas de 1518 à 1530, dont Bernard van Orley fit le portrait. Le peintre anonyme est peut-être issu de l’atelier de celui-ci. Cet artiste peignit aussi des paysages agrémentés de scènes religieuses. Sa conception du paysage panoramique est redevable à l’influence de Joachim Patenier, qui vécut à Anvers jusqu’en 1524. Ces diverses observations convergent pour justifier l’hypothèse que le Maître travailla à Anvers et à Malines, et que son activité se développa entre 1527 et 1540.
Les types morphologiques constants de ses modèles féminins le différencient de ceux des tableaux d’Adriaen Isenbrant et d’Ambrosius Benson, ses contemporains, auxquels il fut toutefois comparé, notamment pour les sujets religieux. Les œuvres de ce Maître restent principalement associées aux figures de jeunes femmes, représentées à mi-corps; la tête tournée de trois quart, le visage ovale, les sourcils arqués, la bouche aux lèvres ourlées, les cheveux coiffés le plus souvent avec une raie centrale, les mains fines et soignées sont les caractères d’un modèle idéalisé que le Maître des demi-figures a repris dans tous ses tableaux. Ce modèle féminin apparaît également dans les tableaux à sujets religieux.