Peinture flamande et tableaux de maîtres anciens par la Galerie De Jonckheere



Signé : DS : Soc JESV
Provenance :
• collection du Baron Raymond de Zerezo de Tejada, Château de Veerle, Belgique ;
• collection de la Baronne d’Otreppe de Bouvette, Belgique, circa 1938 ;
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Signé : DS : Soc JESV
Provenance :
• collection du Baron Raymond de Zerezo de Tejada, Château de Veerle, Belgique ;
• collection de la Baronne d’Otreppe de Bouvette, Belgique, circa 1938 ;
• le tableau est ensuite resté dans la famille.
Ce bouquet, d’une pureté encore archaïsante et peint sous l’immédiate influence de Jan Brueghel de Velours, constitue un exemple particulièrement représentatif de l’autre pan de la production florale de Daniel Seghers, par opposition à ses Guirlandes, dont il fit triompher la formule.
Sur un entablement de bois, un simple vase en verre, dont la panse limpide reflète merveilleusement la lumière, répond à l’écho de beauté que délivre, sans parcimonie, les fleurs aux pétales délicats.
Renonçant aux agencements plus touffus de son maître Jan Brueghel de Velours, Seghers préfère construire sa composition autour de quelques variétés soigneusement choisies, qu’il décrit avec un infini scrupule de botaniste. La bigarrure des tulipes perroquets vient couronner l’épanouissement voluptueux et l’éclat de ces roses blanches et roses. Les contours vaporeux de leurs pétales, le chatoiement de leurs couleurs et la délicatesse de leurs feuilles sont retranscrits avec un naturalisme saisissant, et ceci grâce à une technique très sûre, où alternent minces frottis et empâtements. L’utilisation habile du clair-obscur, un héritage caravagesque issu du séjour romain de Seghers, renforce encore l’atmosphère de mélancolie qui se dégage de cette œuvre.
Toute signification n’en est pas absente, bien au contraire : Lawrence Nichols voit en ce choix de fleurs le symbole des vertus religieuses de la Vierge Marie, ainsi, la rose blanche serait synonyme de pureté, la rose rose synonyme de l’amour et, enfin, les tulipes perroquets synonymes de virginité. La sobriété et l’élégance de ce panneau, reflets du tempérament mystique de l’artiste jésuite, peuvent ainsi être comprises comme une invitation à la méditation.
Ce très beau cuivre n’est pas sans rappeler le magnifique bouquet de fleurs conservé au Fitzwilliam Museum (Cambridge). À l’instar de l’œuvre présentée ici, ce tableau présente le même vase à la panse arrondie et lumineuse, magnifié par un florilège de fleurs éclatantes se détachant du fond neutre.
1590 – Anvers – 1661
Né à Anvers en 1590, Daniel Seghers est sans doute, avec Jan Brueghel de Velours, la personnalité la plus marquante parmi les peintres de fleurs de la scène artistique...
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Né à Anvers en 1590, Daniel Seghers est sans doute, avec Jan Brueghel de Velours, la personnalité la plus marquante parmi les peintres de fleurs de la scène artistique anversoise du XVIIème siècle.
Après le décès de son père, sa mère, embrassant la religion réformée, emmena l’adolescent en Hollande, où il débuta son instruction picturale en 1605. Revenu à Anvers en 1610, Seghers entra dans l’atelier de Jan Brueghel de Velours, qui le déclara en qualité d’apprenti à la corporation de Saint-Luc en 1611. Cette même année, Seghers y fut promu maître. Parallèlement à la formation de son disciple, Brueghel s’attacha à le ramener dans la confession catholique, non sans succès, car dès 1614, Seghers entra chez les Jésuites du Noviciat de Malines, au titre de frère coadjuteur (il n’est jamais devenu prêtre, bien qu’on l’appelle parfois, à tort, le père Seghers). Il y prononça ses premiers vœux en 1616 et y demeura jusqu’en 1617. De 1618 à 1621, il résida à la maison professe d’Anvers, avant d’être envoyé au Collège de Bruxelles, où il émit ses vœux définitifs le 27 juillet 1625. Après un séjour romain, Seghers regagna Anvers en 1627, où il s’établit définitivement jusqu’à sa mort, en 1661, peignant activement dans son couvent.
Très vite, le caractère exceptionnel de ses talents, ainsi que la singularité de sa situation privée, lui attirèrent une renommée dépassant de très loin les confins de sa ville natale. De nombreux visiteurs illustres, poussés par la curiosité, franchirent le seuil de la cellule du peintre à la maison professe d’Anvers et les commandes de tableaux, en provenance des différentes cours européennes, ne tardèrent pas à affluer. Il devint une célébrité, que vinrent personnellement rencontrer les gouverneurs des Pays-Bas espagnols, Ferdinand d’Autriche (en 1635) puis Léopold-Guillaume (en 1638). A l’occasion de ces visites, son ordre ou lui-même offrait à ses hôtes ses fameuses Guirlandes. Celles qu’il envoya, toujours à titre gracieux, à Frédéric-Henri de Nassau, à sa veuve ou au margrave de Brandebourg sont toujours connues comme telles. Artistes et gens de lettre le tinrent également en haute estime : Vondel, C. Huygens, secrétaire du prince d’Orange, Lucas van Uden et surtout Rubens, qui collabora vraisemblablement avec le peintre à un tableau aujourd’hui disparu, jadis conservé chez les Jésuites d’Anvers.
En effet, Seghers se spécialisa presque exclusivement dans la peinture de fleurs et porta à la perfection la formule héritée de Jan Brueghel de Velours : des guirlandes de fleurs, disposées en feston sur un fond noir, encadrant des sujets de piété ou des médaillons en grisaille peints par des collaborateurs –c’est un aspect fondamental de son art que cette efficace division du travail, déjà inaugurée par Brueghel de Velours et qui eut une longue postérité. On compte ainsi parmi ses principaux associés Erasmus Quellinus, Cornelis Schut, Abraham Diepenbeck, Simon de Vos, Thomas Willeboirts Bosschaerts, Jan van der Hecke, Gonzales Coques ou encore le Dominiquin.
Toujours mesurées dans leur opulence baroque, les compositions florales de Seghers furent rarement égalées dans la finesse d’observation, la délicatesse de la facture, la pureté des formes et le chatoiement d’une gamme chromatique dominée par de subtiles variations de pourpres, de carmins et de blancs. Figure essentielle pour la compréhension des développements ultérieurs du genre, Seghers eut pour seul disciple direct Jan Philips van Thielen, mais ses imitateurs ou suiveurs furent innombrables (les Ykens, Nicolas van Verendael, Van Son, Jan van der Hecke, Jan Davidsz de Heem, Baren Gillemans, etc.). Par ailleurs, son activité de paysagiste, présumée à partir d’une collaboration hypothétique avec A. Sallaert pour des Paysages animés de figures (musées de Gand), reste à ce jour plus difficile à circonscrire.
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