Provenance : collection privée.
Hans van Wechelen nous offre ici une kermesse villageoise regorgeant de détails savoureux, débordante d’animation.
En Flandres, les kermesses avaient...
lire la suiteProvenance : collection privée.
Hans van Wechelen nous offre ici une kermesse villageoise regorgeant de détails savoureux, débordante d’animation.
En Flandres, les kermesses avaient lieu à l’occasion de la célébration des fêtes patronymiques des saints à qui étaient consacrées les églises et les guildes des villes et villages du pays. Ces kermesses allaient de pair avec des sorties de processions, avec des réjouissances populaires, avec des représentations théâtrales en plein air et avec des jeux et danses de toutes sortes. Thème récurent de la peinture de genre flamande, Pierre Brueghel l’Ancien et ses contemporains représentaient avec une sympathie particulière ce type de festivités.
Notre Kermesse villageoise évoque la célébration de la Saint Georges, fête de l’arrivée du printemps, comme l’indiquent la bannière de l’auberge sur laquelle le saint apparaît en armure ainsi que la reconstitution du combat entre le Saint et le dragon. La représentation des kermesses paysannes soulignait également les différences sociales qui se côtoyaient dans la société flamande du XVIe siècle. Van Wechelen se plaît à mêler des couples de patriciens à la foule de paysans. Leur distinction et leur maintien tranchent nettement par rapport au comportement général de la foule.
Composition originale ne dérivant d’aucune œuvre connue, cette kermesse frappe par l’indépendance de son style. Les personnages, minces et allongés, ainsi que l’incroyable richesse des coloris sont autant de particularités propres à Van Wechelen. Suivant un procédé habituel dans de nombreuses compositions de l’époque, l’artiste n’hésite pas à mettre en scène la totalité de la fête villageoise, sans tenir compte de la chronologie des événements. Nous nous trouvons ainsi face à la procession religieuse qui jouxte la représentation théâtrale, qui se trouve elle-même mêlée aux scènes de banquets, de jeux et de danses ou encore aux différentes rixes entre paysans. L’ensemble forme une composition savamment orchestrée, dans laquelle le regard de l’observateur évolue sans effort aux détours des mille et un détail illustrant la communauté en liesse.
Thème cher à notre artiste, la kermesse est pour lui l’occasion de dépeindre un moment important de vie la populaire de l’époque. Animée d’une multitude de petites scénettes plus amusantes et surprenantes les unes que les autres, notre panneau est un véritable témoignage des plaisirs de la vie. Hans van Wechelen séduit par son sujet et par son emploie de couleurs vives et bigarrées : il s’affirme ici comme l’égal des grands peintres de genre du XVIe siècle.
Vers 1530 – Anvers – entre 1590 et 1600
Né à Anvers durant la première moitié du XVIème siècle, Hans van Wechelen (connu également sous le nom de Jan van Wechelen) est mentionné pour la...
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Né à Anvers durant la première moitié du XVIème siècle, Hans van Wechelen (connu également sous le nom de Jan van Wechelen) est mentionné pour la première fois dans la gilde de Saint Luc en tant que maître en 1557. Peintre de sujets religieux, de scènes allégoriques mais également de portraits, Hans van Wechelen ne quitta jamais les rives de l’Escaut. Il collabora avec Cornelis van Dalem dont il étoffa les compositions d’une foule de petits personnages.
La réputation de l’artiste allait s’accroître au début du XVIIème siècle lorsque ses tableaux entrèrent dans les plus prestigieuses collections anversoises. Cornelis van der Geest ainsi que Rubens acquirent chacun une composition du maître. Pieter Stevens en avait collectionné une dizaine… Les guerres de religion, le sac des églises anversoises par les iconoclastes ainsi que le pillage de la ville par les troupes espagnoles détruiront la grande majorité de la production du peintre.
S’apparentant par son style au Monogrammiste de Brunswijk, à Cornelis Massijs ou encore à Jan Sanders van Hemessen, Hans van Wechelen arrive à insuffler une vie bien particulière dans ses compositions de kermesses. Proche en cela de Pieter Brueghel l’Ancien, van Wechelen n’hésite pas à peindre un grand nombre de personnages animant des scènes pittoresques, aux attitudes cocasses et savoureuses.
Dans ses œuvres non religieuses, le mouvement et la conception d’une nouvelle réalité annoncent un esprit à tendance profane. L’autorité de son dessin aux formes nettement soulignées rattache le maître aux tendances rigoristes qui se développaient dans les Pays-Bas vers 1540. Bien que fort rares, la qualité de ses kermesses font font de cet artiste un peintre prédominant du genre.