Provenance : collection privée.
Ce tableau s'inscrit parmi les œuvres de qualité de l'artiste d'Anvers. Le succès de Van Reymerswael fut tel que les commandes débordèrent, surtout sur les...
lire la suiteProvenance : collection privée.
Ce tableau s'inscrit parmi les œuvres de qualité de l'artiste d'Anvers. Le succès de Van Reymerswael fut tel que les commandes débordèrent, surtout sur les thèmes des changeurs et des hommes d'argent.
Ce thème est répandu du temps de l'artiste pour illustrer l'activité économique. Cette signification économique est représentée pour amener l'idée d'un métier respectable. La plupart des historiens d'art ont vu dans les peintures de Reymerswael un symbolisme satirique et moral, le changeur étant la représentation de l'avarice. D'autres pensent que cette composition montre l'activité économique d'une manière très respectable. La Flandre était à ce moment là, le centre d'un épanouissement de l'activité industrielle et commerciale et était également le centre des échanges marchands des œuvres d'art. Ces deux idées ont mené à une représentation de l'activité professionnelle de distributeur d'argent ou de changeur de monnaie, comme des métiers admirablement honorable.
Le maniérisme exacerbé de Reymerswael met en valeur la construction de l'espace de ce tableau représentant les changeurs. Le réalisme est de grande qualité dans l'œuvre de l'artiste. Cette composition est établie précisément et rigoureusement par le peintre. Dans cet espace réduit, seule la porte entrouverte laisse une place au vide et rappelle au renoncement de tout bien matériel.
Le réalisme de la représentation des personnages est de grande qualité. L'un est attentif à ces comptes pour ne laisser aucune pièce de monnaie au hasard. Et l'homme du second plan au regard vicieux et envieux, laisse pressentir l'influence avare de l'argent.
Les deux personnages, aux visages expressifs, sont précieusement sillonnés de rides pleines d'histoire et de sentiments bons ou mauvais. Chacun des deux personnages portent une coiffe, qui dynamise leurs visages. La gamme chromatique riche et pure de Reymerswael se retrouvent dans les habits des échangeurs, et renforcent la tenue des drapés. Ces couleurs si vraies mettent en valeur ces personnages.
De plus, à l'arrière plan, sur l'étagère, le peintre fait preuve d'un grand souci de réalisme en recréant le désordre de livres et parchemins côtoyant une bougie. Les objets sont représentés de manière très rigoureuse par la main de l'artiste. Le peintre s'attache à varier les textures et teintes des papiers et livres et la brillance de la bougie. La bougie marque le temps qui passe et la cire qui s'écoule abondamment sur le bougeoir, le long labeur de l'érudit.
Cette composition est à rapprocher d'un tableau au musée de Dresde Le changeur d'or et sa femme, ainsi que deux autres tableaux aux mêmes thèmes au musée de Munich et à Florence dans la collection Carrano.
Les caractéristiques picturales de ce tableau sont de belle qualité. Cette œuvre de Reymerswael entre dans une catégorie de peinture qui représente un bel exemple de son travail, où le raffinement des traits et leurs précisions est sans aucun doute l'expression du talent de l'artiste.
Vers 1495 - Reymeswael - après 1567
Peintre de genre, né entre 1490 et 1495, Marinus van Reymerswael fut inscrit comme apprenti dans l’atelier de Simon van Daele à Anvers en 1509 et devint Maître...
lire la suiteVers 1495 - Reymeswael - après 1567
Peintre de genre, né entre 1490 et 1495, Marinus van Reymerswael fut inscrit comme apprenti dans l’atelier de Simon van Daele à Anvers en 1509 et devint Maître en 1513. Aucune archive anversoise, ne le cite après cette date. Sa production connue s’échelonne entre 1521 et 1547.
Le style de Van Reymeswael est aussi réaliste que vivant. Il étudie les physionomies d’une manière très poussée, décrit leur entourage avec beaucoup de minutie, nous offrant une illusion de la réalité insolite. Son style est souvent tourmenté, son graphisme aigu, nerveux, presque crispé, ses contours très nets, ses coloris aux effets décoratifs, plutôt contrastés.
Marinus van Reymerswael est un maniériste acharné et toute son œuvre amène un frémissement particulier. Ces productions s'échelonnent entre 1521 et 1547.
Cet artiste n'attache au sujet qu'une importance relative. Son intérêt se porte essentiellement sur l'expression de son propre état d'âme : de là se trouve toute l'originalité de son style.
Ces premières œuvres sont inspirées de Quentin Metsys. Van Reymerswael ne les signa qu'en 1538 sur les sujets des percepteurs d'impôts ou des changeurs. Ce thème sera exploité par Van Reymerswael à partir de 1598. C'est ici que l'artiste se détache définitivement de metsys. On ne peut plus parler de lui comme d'un disciple de ce peintre. Il interprète les mêmes sujets que Quentin Metsys tout différemment. Ces propres contemporains deviennent une clientèle friande de ces œuvres et thèmes si bien traités.