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Lucio Fontana

biographie

LUCIO FONTANA
Rosario Santa Fé 1899 – Varese 1968

Artiste d’origine italienne né en Argentine, Fontana accompagne son père en 1905 à Milan. Il retourne en Argentine dès 1921 où il travaille comme sculpteur pour l’entreprise de décoration paternelle à Rosario de Santa Fé. Il ouvre son propre atelier en 1924. En 1928, il s’inscrit à l’Académie de Brera de Milan où il a comme professeur le sculpteur Adolfo Widt et obtient son diplôme en 1930. L’influence de Widt et du Novecento italien s’observe dans les premières œuvres de Fontana telle que le plâtre de la Victoire pour le monument aux morts d’Erba.

Pourtant l’artiste donne à ses œuvres un dynamisme plastique qui l’éloigne de la solennité de Widt. L’or brillant peint sur le plâtre annonce déjà le vœu de Fontana de se libérer des matériaux rigides qui définissent la sculpture et la peinture. Il souhaite ainsi créer un art spatial où la matière est dépassée par le rayonnement qu’elle projette. En 1934, il rejoint le groupe d’Abstraction-Création. Ses sculptures abstraites démontrent l’envie d’animer la matière par des lignes circulant librement dans l’espace. Il en va de même pour ses tablettes gravées où Fontana incise son matériau avec des traits qui semblent creuser un chemin à l’intérieur du plan. Fontana continue pourtant durant cette période à créer des œuvres figuratives.

A l’arrivée de la deuxième guerre mondiale, Fontana décide de revenir en Argentine où il fonde en 1946 l’Academia Altamira. La même année est rédigé le « Manifesto Blanco » qui promulgue un nouvel art unitaire « basé sur l’unité de temps et l’espace » qui correspondrait à la vision du monde formé par la science moderne. Ce premier manifeste jette les bases du « Spatialisme » que Fontana développe à travers cinq manifestes publiés à son retour en Italie en 1947. Ses Milieux Spatiaux, comme celui exposé pour la première fois à la Galerie Naviglio à Milan en 1949 composé de formes sinueuses en papier-mâché et accrochées au plafonds recouvertes de peinture fluorescente et illuminée par une lumière ultraviolette, se lie au désir du Spatialisme de créer des œuvres qui s’intègrent et réagissent à l’espace environnante. Ces essais expérimentaux éphémères unissant à la fois peinture, sculpture et architecture préfigurent déjà ceux de l’Arte Povera et du Land Art. A la fin des années quarante et durant les années cinquante, Fontana poursuit son idée de créer un art à l’espace réel et à la matière énergique en créant ses fameuses toiles perforées (les Buchi), incorporées de bouts verre ou encore lacérées au rasoir (les Attese). Fontana appliquera son procédé d’intrusion du matériau autant dans ses œuvres peintes que sculptées, qu’il décernera du titre de « Concept Spatial ». Ses dernières créations, les Teatrini (petits théâtres) composées de formes découpées, évoquent les décors d’une scène.

L’art de Lucio Fontana possède la particularité de ne se laisse pas emboîter dans une convention précise. L’artiste connaît en effet un parcours d’une incroyable variété, oscillant constamment entre l’abstrait et la figuration, mêlant à la fois céramique, peinture, sculpture et architecture et jonglant avec les matériaux anciens et nouveaux. Bien que le programme artistique de Fontana soit définit dans ses divers manifestes, ses œuvres semblent pourtant toujours nous échapper, portées par une poésie qui ne cesse d’étonner.

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