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Aert van den Bossche

Adam et Ève

Panneau : 49,6 x 33 cm

présentation

Ce délicat petit tableau, éclatant par la préciosité de ses couleurs, les nombreux détails qui le peuplent et d’une qualité d’exécution remarquable, plonge le spectateur dans un monde paradisiaque. La nature foisonnante, décrite avec minutie par le peintre, s’étale sous nos yeux, tant par la représentation de la faune que de la flore. Les longues tiges chargées de fleurs au premier plan sont autant d’indices d’une volonté de rendre précisément la nature ainsi que d’offrir une forme de variété pour le regard curieux. Les merveilleux feuillages ne sont pas en reste, leur régularité ainsi que leur délicatesse se remarquent immédiatement.

Il existe trois autres compositions similaires à la nôtre, représentant également Adam et Ève dans le jardin d’Eden ; l’une est conservée à Ludwigshafen, l’autre signalée pour la dernière fois dans la collection Kidston de Basingstoke et la dernière au Wilhelm- Hack- Museum.
Toutes le deux dérivent d’un célèbre modèle d’Hugo van der Goes, dont le volet gauche d’un diptyque conservé à Vienne met également en scène le couple originel. La différence principale réside dans le fait que chez Van der Goes, Ève est placée au centre du panneau, tenant déjà dans sa main le fruit défendu. Le diable, sous la forme d’un étrange hybride à tête humaine, ce qui traditionnellement a participé de la confusion d’Ève, est tout proche. Dans la version d’ Aert van den Bossche l’Arbre de la Connaissance partage la scène en son milieu de manière rigoureusement symétrique, en plaçant Adam et Ève de chaque côté, et joue ainsi le rôle principal. L’accent est mis sur le fait que le péché n’a pas encore eu lieu, mais les fruits sont à portée de main et le démon guette au second plan.

Notre version est presque identique à celle du Wilhelm-Hack-Museum. La composition est parfaitement la même, ce sont surtout les nuances de couleurs à faire la différence. Le corps nu d’Adam peut être clairement comparé aux saints dans le Martyre des saints Crépin et Crépinien, à Lazare sur le volet droit du Triptyque de Melbourne ou encore au Christ dans le Reniement du même artiste.

Notre petit tableau s’insérait très naturellement dans une collection privée de riches collectionneurs bruxellois de la fin du XVème siècle. En outre, des informations très précieuses nous sont données par le cadre dans lequel est inséré notre panneau. D’origine, il porte la marque du pannelier bruxellois qui l’a réalisé, ce qui permet de le dater dans la deuxième moitié du XVème siècle. Cette dernière indication établit donc avec certitude la provenance de cette œuvre magnifique dont la préciosité ne cesse de ravir jusqu’à aujourd’hui.

Provenance :
Munich, 1920 ;
Hofrat Dr. Otto Scheider (dès 1936), Mannheim, par descendance à sa famille ;
Collection privée.


Littérature :
M. J. Friedländer, Early Netherlandish Painting, IV, Leiden and Brussels, 1969, p. 75, no. 36a.
 A. Scherer, "Vom Andachtsbild zum Sammlerbild. Varianten des Sündenfalls von Hugo van der Goes", in K. Bergdolt, G. Bonsanti (Ed.), Opere e giorni. Studi su mille anni di arte europea dedicati a Max Seidel, Venice, 2001, pp. 363-70. F. Gombert, "Un réseau de collaborations d'artistes", in F. Gombert, D. Martens (Ed.), Le Maître au Feuillage brodé, exhibition cat., Palais des Beaux-Arts, Lille, 13 May – 24 July 2005, Paris, 2005, pp. 32-33, ill. 25.
 A. Scherer, "Adam et Ève dans l'atelier du Maître au Feuillage brodé et la question de l'anonymat", in F. Gombert, D. Martens (Ed.), Le Maître au Feuillage brodé, Symposium organised by the Palais des Beaux-Arts Lille, 23-24 June 2005, Lille 2007, pp. 31-44, ill. 20. Veronique Bücken, Griet Steyaert, The Heritage of Rogier van der Weyden – Paintings in Bruxelles 1450 – 1520. Uitgeverij Lannoo, p. 259.

Expositions :
The Heritage of Rogier van der Weyden, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, 12.10.2013 - 21.11.2013