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Ambrosius Bosschaert le Jeune

Bouquet de fleurs dans un vase posé sur un entablement garni de fruits et de coquillages

Panneau
66 x 47 cm
Vers 1634
Signé

présentation

Ce tableau d’Ambrosius Bosschaert représente un bouquet de fleurs disposé dans un vase de verre foncé, accompagné d’un lézard, d’une araignée, de deux coquillages et de fruits épars, le tout sur une table en bois. La lumière, le cadrage serré, le point de vue en plongée sont autant d’éléments qui sont mis en œuvre pour magnifier les fleurs et attirer l’attention du spectateur sur l’extraordinaire réalisme et la parfaite maîtrise technique avec lesquelles elles sont peintes.

Comme beaucoup de compositions florales du XVIIe siècle, ce bouquet allie minutie et recomposition idéalisée. Effectivement, alors qu’on reconnaît une précision extrême dans la reproduction exacte de chaque fleur permettant leurs identifications, le bouquet de fleurs représente l’idéal floral du peintre. C’est une pure reconstitution qui sort directement de l’imagination de l’artiste qui assemble, dans une composition harmonieuse, les plus belles variétés qu’il ait pu voir, sans prendre en compte la saison de floraison de chacune de ces fleurs.

Le dessein de ce panneau est certainement double. C’est premièrement un éloge à la beauté de la nature mais on peut également y voir une vanité. L’artiste souhaite à travers son œuvre délivrer un message à l’aide de divers symboles qui permettent de montrer le caractère éphémère de la vie. Le symbole le plus évident ici est probablement ce papillon dont le nom grec, « psyché », signifie l’ « âme ». Le chrétien y voit donc le symbole de résurrection et de salut avec ce papillon s’échappant de sa chrysalide ; image pour représenter l’âme quittant le corps après la mort.

On peut estimer que ce tableau date de la fin de la carrière de Bosschaert grâce à la signature à l’angle inférieur gauche qui est la calligraphie usuelle de l’artiste à partir de son établissement à Utrecht en 1634. Mais plus que cela, cette composition est caractéristique de la seconde période d’activité du maître comme on peut le voir dans la densité de la masse florale, la recherche de quelques lignes sinueuses avec la présence du lézard ou encore le coloris saturé où quelques éléments aux teintes bleues rompent habilement la prépondérance d’autres teintes flamboyantes.

Provenance :
Collection privée.

Littérature :
Edith Greindl, Les peintres flamands de nature morte au XVIIe siècle, Bruxelles, 1983.