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Giuseppe Bernardino Bison

Cabinet d’amateur

Toile : 55 x 65,5 cm
Signé en bas à droite « Bison »

présentation

Si l’on connaît bien le Bison des vedute vénitiennes et de l’Italie en général, on ignore parfois que son œuvre ne se limite pas à ce genre. En effet, sa curiosité le porte à toucher à un grand nombre de sujets, alors que l’influence nordique se fait ressentir sur la production triestine du début du XIXème siècle. En effet, un grand nombre d’estampes tirées d’œuvres de David Teniers, Jan Steen ou encore Adriaen Van Ostade circulent et servent de modèle à notre peintre qui s’en inspire pour ses scènes d’intérieur.

Notre tableau évoque un genre bien particulier, lié à la représentation d’intérieur : le cabinet de collectionneur. Le genre naît à Anvers dans les années 1610 avec Frans Francken le Jeune et Jan Brueghel l’Ancien et ne s’exporte tout d’abord que très peu en dehors de cette ville. Au milieu du siècle, David Teniers s’empare du sujet à la demande de l’archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg qui souhaite faire représenter sa très riche collection de peintures. Il contribue ainsi à la diffusion du genre en dehors de la ville, lors de son départ pour Bruxelles.

Le tableau de Bison ne fait pas exception, il s’inspire bel et bien d’une peinture flamande du XVIème siècle, conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne, qui faisait partie de la collection du même archiduc pour qui Teniers travailla. Bison a sûrement eu accès à la composition à travers une gravure, ce qui explique la différence dans le choix des couleurs. Il entreprend en outre un travail de simplification lors de la retranscription du motif. Il supprime notamment le groupe central pour ne garder que les deux personnages qui admirent le tableau installé sur le chevalet. Les peintures représentées aux murs sont très proches du modèle mais bien moins détaillées. Il ne faut pas oublier que Bison se trouvait certainement face à une gravure et non pas devant l’original qui était alors déjà conservé à Vienne, de format donc plus réduit, ce qui fait que les détails étaient plus difficiles à lire.

Une grande variété de genres est représentée : la peinture d’histoire, la nature morte, le paysage, la marine, en plus des sculpture à l’Antique et des objets de curiosité comme les coquillages ou les vases. Dans l’œuvre originale, il est déjà difficile d’identifier des tableaux connus et la majorité est surement le produit de l’imagination de l’artiste tout en reflétant le goût de l’époque. En revanche, le tableau du centre, posé sur le chevalet, est facilement reconnaissable. Il s’agit d’un original de Rubens, La Résurrection de Lazare. Détruit durant la seconde Guerre Mondiale, il ne nous est connu que par des photographies en noir et blanc et le motif reste très fidèle à l’original. La transposition d’un cabinet de collectionneur du XVIème siècle flamand au XIXème siècle italien est tout à fait intéressante et reflète l’intérêt et la passion des collectionneurs de la ville de Trieste. Aujourd’hui encore, ce tableau ne manque pas de charme et sa réalisation soignée évoque avec finesse ce sujet si particulier.

Provenance :
Collection privée