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de jonckheere old masters

Jan Brueghel le Jeune

Concert d’oiseaux

Panneau : 14 x 18,5 cm

présentation

Plaisante assemblée de volatiles, ce magnifique Concert d’oiseaux nous plonge dans la grande tradition des allégories des éléments héritées du foisonnement créatif de Jan Brueghel l’Ancien pour son fidèle mécène milanais, le Cardinal Frédéric Borromée. Son fils, Jan le Jeune se réfère au travail de son père en représentant ce vieil arbre mort dont les branches se trouvent littéralement recouvertes d'oiseaux sympathiquement reconvertis en chanteur d’une étrange chorale animale.

Inspirée des Allégories de l'air de Jan Brueghel l'Ancien, comme celle datée de 1611 et conservée à la galerie Doria-Pamphilj, cette composition fourmille d’espèces ornithologiques diverses et variées appartenant à tous les continents connus et répertoriées dans un souci d’inventaire naturaliste. Ce type d’image presque scientifique est en plein essor au XVIIe siècle ; il trouve sa pleine expression dans les cabinets de curiosité alors très en vogue à Anvers. Ici, le thème du Concert d’oiseaux suit la typologie brueghélienne : des volatiles de toutes sortes rassemblés au pied d’un arbre, ou nichés dans ses branches ponctuent un paysage fluvial. Le dépouillement des branches met en valeur la préciosité et le chatoiement coloré des plumages. Le paysage, avec ses frondaisons expressives, ses troncs noueux et ses feuillages touffus, fait écho à l’agitation du premier plan dans lequel s’ébat une véritable déclinaison encyclopédique des volatiles connus au XVIIème siècle. Invention du fils, le chœur d’oiseaux au premier plan renoue avec la cocasserie propre à la dynastie Brueghel. Rassemblés autour d’une partition, les animaux exotiques, dont un superbe ara rouge, lisent avec grande attention les notes. Ce perroquet grandiose est d’ailleurs figuré par deux fois : on le trouve au pied de l’arbre mais aussi sur une branche. Son plumage se voit ainsi véritablement magnifié puisqu’il se détache sur un ciel sourd et pastel, à l’instar de ces deux compères jaune et bleu posté sur le côté gauche.

Dans une parfaite maîtrise de son sujet, Jan Brueghel le Jeune rompt avec la traditionnelle organisation des plans successifs brun-vert-bleu qui, si elle n’est pas totalement oubliée ici, est très nettement contrebalancée par les vifs accents de couleurs apportés par les oiseaux. Pour évoquer la richesse et le foisonnement bariolé de leur plumage, l’artiste nuance sa palette et met l’extrême précision de son pinceau au service de détails aussi minuscules que les plus petites feuilles et branches. La passion de Brueghel pour les oiseaux nous est connue par des feuilles d’études où il reporte avec soin leurs détails et couleurs chatoyantes. Proche de la version du Musée de Braunschweig, ce cuivre chantant témoigne du goût de Brueghel pour la nature et de l’étonnant savoir-faire dont il fait preuve dans sa représentation.



Provenance :
Collection privée