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Jan van Kessel le Jeune

Corbeille et plats de fruits avec deux singes, un écureuil, un ara et deux cochons d’Inde

Cuivre
31 x 42 cm

présentation

La nature morte est source chez Jan van Kessel de délicatesse et de méticulosité. Nous retrouvons ainsi dans ce précieux cuivre, le pinceau à la fois vif et élégant qui séduit les amateurs de nature morte de cet artiste.

Cette composition s’impose dans la production du peintre par la diversité des éléments représentés et le schéma qui les régit. Etonnante représentation d’un buffet d’apparat, cette somptueuse Corbeille et plats de fruits avec deux singes, un écureuil, un ara et deux cochons d’Inde est exceptionnelle par sa taille qui permet à l’artiste de se livrer à un exercice de virtuosité rarement égalé. En introduisant dans un seul tableau la quasi-totalité de ses thèmes de prédilection, Jan van Kessel magnifie un genre en plein essor au XVIIe siècle. En effet, le goût pour ce type de représentation gagne les grands centres européens, et notamment Anvers qui jouit d’une effervescence particulière grâce au commerce de son port et à la finance internationale.
Proche par bien des aspects du tableau de la Galleria Doria-Pammphilj ou d’une autre grande nature morte, cette opulente nature morte se divise en une succession de plans dans lesquels foisonnent les espèces les plus variées des règnes animal et végétal. La composition du tableau est remarquable par l’impressionnante maîtrise dont fait preuve l’artiste en arrivant à structurer une scène de désordre. L’entièreté de la pièce sert ici de décor : Kessel plonge le spectateur dans l’atmosphère d’une cuisine et de son office à quelques heures d’un festin. Les pâtisseries sont cuites. A l’image des agencements baroques de Frans Snyders, c’est précisément l’introduction du désordre qui intéresse Kessel. Selon le principe de composition cher à l’artiste, le sol est recouvert à la « jonchée » de fruits, de légumes et de fruits à coques variés. Par opposition avec cette impression d’éparpillement, l’artiste prend soin de déposer sur une table une succession de plats en faïence, de corbeilles regorgeant de fruits. Mais le charme de ce tableau réside, par-dessus tout, dans le rendu fidèle des animaux de compagnie qui peuplent littéralement la scène. Les chapardeurs, le perroquet dans le chambranle de pierre, les cochons d’Inde à l’affût ou encore l’écureuil ou le petit hérisson grignotant. Autant de détails exotiques qui devaient particulièrement amuser les contemporains du peintre, féru de scènes de genre. Kessel rend d’ailleurs hommage à ses homologues hollandais en donnant pour fond à sa composition un intérieur de cuisine intimiste.
Œuvre maîtresse d’un des plus grands spécialistes de la nature morte anversoise, ce tableau ravira sans détour les amateurs, tant par la maestria de sa composition, l’importance de son format que par le flamboiement de ses couleurs.
Littérature : E. Greindl, Les Peintres flamands de nature morte au XVIIe siècle, Bruxelles, 1983, p. 161, cat.91.

Provenance :
Bruxelles, Galerie Filippo Franco, 1979 ;
Collection privée, Italie.