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de jonckheere old masters

Pieter Brueghel le Jeune

Danse de noces en extérieur

Panneau : 43,9 x 59,1 cm
1614
Signé et daté en bas à gauche : P.BRVEGHEL 1614

présentation

Véritable chef d’œuvre de Pieter Brueghel le Jeune, cette danse de noces représente l’un des sujets les plus populaires de la production de ce grand artiste. Particulièrement fine et équilibrée, dans un état remarquable de conservation, cette version s’inscrit dans la série des compositions qui reprennent en miroir les éléments tirés de la célèbre Danse de noces en Intérieur gravée en 1588 par Pieter Van der Heyden, d’après un original perdu de Pieter Brueghel l’Ancien. Signé et daté de 1614, notre tableau figure parmi les premières et meilleures versions du thème : d’ailleurs son caractère autographe est attesté par la présence d’un dessin sous-jacent, pratique reconnue dans toutes les versions de la main de Pieter Brueghel le Jeune, dont les dimensions sont ipso facto identiques.

Par-delà les subtiles variations qui distinguent chacune des différentes versions, l’ensemble des panneaux de Pieter Brueghel le Jeune se caractérisent par l’insertion des personnages observés du modèle paternel dans un magnifique paysage rural. Outre le changement de décor, Brueghel le Jeune renonce à l’accumulation de cadeaux nuptiaux visibles à l’arrière-plan de la gravure de Van der Heyden, diminue la présence des personnages aux extrémités, aère considérablement le premier plan et élargit le paysage qu’il agrémente de nombreux détails.

Le paysage arboré permet également par son jeu de frondaisons sinueuses de créer un jeu de diagonales invitant le spectateur à participer à la farandole endiablée à laquelle s’adonnent les invités de la noce de l’avant-plan. La joie et l’agitation quelque peu débraillées de ces derniers sont en quelque sorte relayées sinon accentuées par les sinuosités des troncs d’arbres, particulièrement expressives dans notre version.

Derrière ce groupe où l’on boit, danse, se frôle et s’embrasse sans trop de contraintes, se dresse la table nuptiale : y trône l’héroïne du jour, adossée à un drap lestement accroché en guise de dais et dûment ceinte de sa couronne nuptiale. Son attitude compassée exprime une certaine indifférence à la curiosité indiscrète et non dénuée d’envie de la foule d’invités se pressant à ses côtés et contemplant l’assiette des offrandes nuptiales en espèces sonnantes et trébuchantes. Du marié point de trace explicite, et l’on est en droit de se demander s’il ne figure pas déjà parmi les danseurs éméchés et sautillants…

Provenance :
Collection Laurent Meeus (1872-1950) jusqu’en 1950 ;
Collection privée.

Littérature :
Georges Marlier, Pieter Brueghel le Jeune, Ed. Robert Finck, Bruxelles, 1969, p. 186-204;
Klaus Ertz, Pieter Brueghel der Jüngere (1564-1637/38). Die Gemälde. Mit kritischem Oeuvrekatalog, Lingen 2000, vol.2, p.684-96, 722-736, n°E916-944.