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de jonckheere old masters

Panneau parqueté : 84 x 61,5 cm

présentation

De très belles similitudes, à la fois visuelles et techniques, lient cette peinture à l’Ecce Homo peint par le maître Jérôme Bosch, conservé aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Boston et daté 1496-1500. La version originale du maître, peinte en 1485, est conservée au Musée Städel à Francort-sur-le-Main et est considérée comme un jalon de la peinture de Jérôme Bosch.

Le présent panneau met en lumière une scène biblique figurant le Christ accompagné de Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée, face à un attroupement de Pharisiens décidant du Jugement et de sa Crucifixion. Mains nues et attachées, le Christ est exhibé de face, rigide et dépourvu de toute matérialité, de torts et de péchés. Sur son visage allongé, une expression de tristesse poignante se lit et une sensibilité profonde s’en dégage. Une sérénité révélatrice appuyée par le léger contrapposto de ce personnage principal attire le regard du spectateur vers ses épaules chargées et fait référence à la cèlèbre scène de la Maestà de Duccio di Buoninsegna, Le Christ accusé par les Pharisiens. La peinture finement exécutée de la main d’un suiveur de Bosch, imite celle du maître conservée à Boston et datée entre 1496-1500, dans la mesure où certains détails ont été modulés pour s’éloigner de la version originale de 1485. Par exemple, la position hiératique du Christ contraste avec sa posture voutée dans la scène originale, ainsi que son auréole bien moins mise en évidence.

Le mouvement se manifeste par le nombre de personnages, tous méticuleusement détaillés et singuliers, en dépit du chaos général envahissant la scène. Similaire à la version de Boston, cette œuvre atteint un niveau de précision remarquable, perceptible aux drapés, au détail des fleurs de lys brodées sur le brocart à l’avant-scène ainsi qu’aux armoiries du bouclier en bas à droite. En arrière-plan, le Christ est emporté par la foule pour sa crucifixion. Cette superposition de scènes équilibre la composition picturale, créant un point de fuite astucieusement mesuré. Les bâtiments et les couleurs, repris de la version de Boston, sont espacés afin de permettre au spectateur une nette distinction chronologique entre les scènes. La croix inclinée perceptible en arrière-plan dans le Calvaire du Christ est une référence au dos du tableau de Saint-Jean l’Evangeliste de Patmos peint par Bosch et conservé à la Gemäldegalerie à Berlin, dans lequel le Christ est emporté par un groupe de soldats.

Bien que devant faire partie à l’origine d’un triptyque comme pièce centrale, le suiveur de Bosch a élégamment dépeint deux scènes essentielles de la vie du Christ en un seul chef-d’œuvre. Dramatique, sans être effrayant, ce panneau se suffit à lui-même, n’ayant guère besoin d’explications exhaustives et soutenu simplement par son titre révélateur Ecce Homo, signifiant « Voici l’Homme ».

Provenance :
Collection Privée, Paris.

Littérature :
Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie database, Photo-archive M.J Friedländer, du 14 décembre 1956 à novembre 1955, n°111690.
M. Ilsink ; J. Koldeweij, Jérôme Bosch, peintre et dessinateur. Catalogue raisonné, Arles, 2016, p. 415, note n°3, cité.