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Jan van Kessel le Jeune

Etude de papillons

Panneau
13,5 x 19 cm

présentation

Dès le XVIe siècle, mais principalement au XVIIe siècle, un intérêt croissant se développe pour le concept de « curiosité ». Ainsi, certains collectionneurs regroupent et exposent divers objets dans des cabinets de curiosités, tels que des médailles, des coquillages ou encore des objets d’histoire naturelle. A cette période, les nouvelles technologies d’optique, comme le microscope, permettent l’étude de la nature dans ses plus petites parcelles et entraînent la fascination des naturalistes, des collectionneurs, mais également des artistes, pour les insectes. La mode de tableaux représentant ces créatures se développe alors, notamment à Anvers – d’où est issu Jan van Kessel – et ces peintures ornent une grande partie des cabinets d’amateur ; cet artiste oriente donc sa peinture entre étude scientifique et œuvre d’art. Il témoigne d’un réel intérêt pour le monde miniature, et tout particulièrement pour les papillons, que l’on retrouve dans nombre de ses compositions (Fig. 1).

Dans cette Etude de papillons, Jan van Kessel représente neuf papillons, sur un fond neutre, dans diverses positions. Les insectes sont les seuls animaux dans l’œuvre de Jan van Kessel qui sont constamment figurés en l’absence de contexte, il n’est cependant pas l’inventeur de ce procédé. Ce fond neutre permet d’illustrer le moindre détail, ce qui témoigne d’une observation attentive de la réalité, presque scientifique, mais également de peindre individuellement chaque spécimen, à la manière d’un document d’étude. Les antennes, les pattes, ou encore les motifs des ailes, sont reproduits avec une dextérité digne des miniaturistes, d’autant plus remarquable sur un panneau d’une si petite surface. La composition n’est pas aléatoire et propose une certaine symétrie dans la représentation des papillons, illustrés de profil, de dos, mais aussi de face pour le spécimen central. Les différentes parties de leur anatomie complexe sont affichées à travers une multitude de points de vue, manifestée par la divergence des ombres donnant une impression de relief, comme s’ils avaient été examinés séparément.

Les tonalités traditionnellement vives et soutenues de ses coloris laissent place ici à une palette plus terne, probablement due au choix des espèces. En effet, plusieurs types de papillons, qui peuvent être identifiés par les entomologistes, se retrouvent dans son œuvre, comme la Mégère à droite de la composition. Toutefois, l’idéal recherché par l’artiste n’est pas le réalisme scientifique, mais le naturalisme.

Bien qu’il n’ait pas inventé ce type de représentation, il en est sans doute l’artiste le plus prolifique et a certainement participé à sa transformation. Les peintures d’insectes constituent presque un quart de son œuvre connue, ce qui démontre la fascination de Jan van Kessel pour ces créatures, dont les réalisations sont les plus abouties. Elles rendent également compte de l’intérêt réciproque des arts et des recherches scientifiques durant cette période. La juxtaposition entre le naturalisme étonnant de ses compositions et la virtuosité de sa technique fait de ce petit panneau un chef-d’œuvre entre la nature et l’artifice.

Provenance :
Amsterdam, P. de Boer ;
Collection privée, Suisse.

Exposition :
Amsterdam, P. de Boer, 10 février – 26 mars 1934.

Littérature :
P. de Boer, De helsche en de fluweelen Brueghel : en un invloed op de kunst in Nederlanden, Amsterdam, de Boer, 1934, p., n° 305, ill.