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de jonckheere old master

Jan Brueghel le Jeune

Etude de souris et tortue, avec libellule, scarabées, chenille et poissons

Panneau
12,5 x 16,5 cm

présentation

Inédit par son sujet, cette Etude de souris et tortue est une véritable pièce de cabinet de curiosité. Alors qu’il peint à la manière d’un zoologiste, Jan Brueghel le Jeune étudie les insectes et les animaux marins tel que son père les a représentés dans la série des Allégories des éléments. Jan Brueghel le Jeune s’applique à représenter les espèces dans toute leur complexité. Ainsi, la mimesis ou imitatio, consistant à rendre une illusion aussi précise possible de la nature fut introduite dans l’Antiquité mais redécouverte à la Renaissance. On voit au XVIIe siècle se multiplier les études de plantes et d’animaux, dessins, aquarelles et gravures, dont la précision dans le détail se veut toujours plus accentuée.

Dans cette étude, Brueghel le Jeune s’écarte du type de composition proposé par Joris Hoefnagel (1573-1633) où la symétrie structure l’ensemble, au profit d’une ordonnance éclatée sur fond neutre permettant à chaque motif d’être mis en valeur. Le groupe formé par nos différentes espèces est original, en évitant toute logique d’association entre elles, il témoigne de la liberté prise par notre artiste dans son étude. Cependant, plus que le choix des espèces représentées c’est leur traitement qui rend notre étude vraiment singulière. Brueghel ne revendique aucun aspect scientifique, mais joue de son pouvoir de créateur pour rendre vie à chaque animal ; l’échelle de plan à laquelle ils sont représentés est significative, elle ne correspond pas à une stricte observation de la réalité où la libellule serait évidemment moindre que la souris ou la tortue.

La touche se veut enlevée, avec un caractère spontané renforçant l’impression de vie qu’il a impulsé chez ces figures. Loin d’être figés ou en aplat, tortue, souris, insectes ou poissons semblent s’animer d’une vie propre par leurs attitudes dynamiques et la lumière qui tombe sur eux ; une lumière très travaillée que Brueghel module pour faire jouer les reflets sur leurs corps, rehaussant encore l’impression d’animation qui en dégage. Mais c’est certainement le travail de la couleur qui fait de cette étude une illustration du talent de coloriste de Brueghel, car nos figures ne sont pas loin de ressembler à des bijoux dont l’éclat saisit l’œil ; la vivacité des contrastes et la richesse des teintes rendent de manière sensiblement accrue les diverses textures comme les volumes, écailles luisantes de la tortue ou d’un poisson, effets translucides de la libellule ou comme piquetés de perles de la chenille.

Aussi peut-on remarquer dans notre souris comme un écho à celle représentée par Joris Hoefnagel dans son Allégorie de Johannes Muizenhol, signée et datée de 1594, mais en conclusion nous ne pouvons manquer de rappeler que les études exécutées par Brueghel revendiquent une liberté comme une singularité qui lui sont propres, manifestes dans notre panneau.

Provenance : Collection privée.