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de jonckheere old masters

Ecole Anversoise

La déploration du Christ

Huile sur panneau
Panneau central : 26,5 x 7,5 cm
Panneaux latéraux : 28,3 x 8 cm

présentation

L’étude de ce triptyque nous conduit à le situer dans production maniériste anversoise de la moitié du XVIe siècle. En effet, il réunit un ensemble de caractéristiques que l’on retrouve dans la manière d’artistes de cette époque et dans cette ville des anciens Pays-Bas. Il est un exemple charmant et précieux des retables portatifs produits pour satisfaire les besoins de la dévotion privée au XVIe siècle.

Le sujet traité dans notre triptyque est celui de la Déploration du Christ, un thème de l’iconographie chrétienne qui apparaît au cours du XIIe siècle mais qui connaît rapidement une grande fortune chez les artistes. L’épisode qui se situe entre la Déposition de croix et la Mise au Tombeau, ne provient pas des Évangiles mais découle certainement du rite populaire des Lamentations funèbres ou des Méditations des Mystiques.

La scène représentée sur le panneau central du triptyque est développée au premier plan. Le corps sans vie du Christ mort est posé par terre, embrassé par la Vierge. Elle, abandonnée à la douleur, est soutenue à son tour par saint Jean l’Evangéliste. Ce groupe de trois personnages, placé au centre de la composition, est accompagné par Joseph d'Arimathie, représenté à gauche, en retenant le buste du Christ à demi étendu. L’homme, vêtu d’une manière très somptueuse et portant sur la tête la coiffe d’égyptien, est connu principalement pour avoir demandé à Ponce Pilate l'autorisation de descendre le corps du Jésus-Christ de la croix. En arrière-plan, l’épisode qui précède la Déploration, c'est-à-dire la Déposition de croix, prend place sur le mont du Calvaire et une ville en bas de la colline, vraisemblablement Jérusalem, peut être aperçue.

La scène et le vaste paysage qui unifie la composition se développent sur les volets latéraux. Les Saintes Femmes qui portent chacune un calice à onguents, participent à la scène mais elles sont représentées sur les panneaux latéraux. Sur le volet de gauche, Nicodème qui a les mains couvertes d’un drap blanc, tient la couronne d’épines, ce qui souligne la présence de la relique sacrée.

Les dos des panneaux latéraux sont peints en grisailles. A gauche, saint Pierre barbu et en train de marcher, est tourné vers l’autre figure du volet à côté. Dans ses mains, il tient un livre et une clé. L’artiste a choisi de représenter le saint homme ici seulement avec une clef à la différence de ce que dit l’Evangile selon Matthieu qui fait référence de clés en pluriel du royaume des cieux :

“ Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux: tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. ” (Evangile selon Saint Matthieu, 16.19)

À droite, l’archange Michel, habillé en guerrier, est en train de terrasser le Diable, une figure anthropomorphe, représentée à ses pieds.

Provenance :
Collection privée, Belgique