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Frans Francken le Jeune

Le Fils prodigue chez les courtisanes

Panneau
35 x 46 cm
Signé
Signé FRANCK / INV / F.

présentation

Parmi les innombrables peintres qui foisonnent à Anvers à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle, Frans Francken le Jeune s’illustre dans la peinture de genre en représentant la célèbre parabole rapportée par Luc : le fils prodigue. Cette parabole, pour son contenu narratif, a inspiré de nombreux artistes dès le Moyen-Age. L’épisode évoqué ici est celui du fils prodigue dépensant son argent dans une auberge. Si la parabole de Luc donne peu d’indices sur comment le fils dilapide son bien, les artistes développent avec une grande liberté des scènes de festin, de jeu ou des scènes avec des courtisanes comme c’est le cas ici.

Le Fils prodigue chez les courtisanes s’inscrit parmi les plus belles scènes de genre produites par le peintre. Dans les tableaux du même thème (Louvre et Kunsthalle de Karlsruhe), Francken prend le soin de camper la scène dans un intérieur fort élaboré, en ajoutant la figure du musicien. Ici, il propose un cadrage plus réduit sur la scène du banquet. Neuf personnages sont dispersés autour de cette table qui ne suggère aucun repas, mais plutôt juste de quoi enivrer ceux venus rencontrer les deux femmes aux somptueuses toilettes. Le jeune personnage en bleu au centre de la composition, poussé au vice par le personnage à la cape jaune et la courtisane, pourrait correspondre au fils prodigue. L’homme chapeauté qui fait face au spectateur et fume la pipe est un homme d’âge mûr, et sans doute habitué, comme ses autres comparses, aux fantaisies de l’endroit. Derrière lui, un homme lit une lettre que le jeune enfant semble lui avoir remis, tandis qu’un vieillard indique de son index au spectateur la scène qui est en train de se jouer. Son regard et sa posture lui donne un caractère particulier : il semble questionner le spectateur sur le contenu moral de l’affaire. Enfin, au dessus de la joyeuse tablée, a été suspendu un tableau représentant un Bacchus entouré de nymphes. Ce tableau confirme bien la fonction du lieu dans lequel le fils prodigue dissipe sa fortune.

La manière de Francken est ici des plus abouties. Est à souligner la beauté des visages, dans lesquels il insère de petits points noirs en guise d’yeux. Il fait preuve également d’une belle variété dans le rendu des vêtements des personnages. Ce Fils prodigue chez les courtisanes reprend à la perfection les thématiques chères au maître qui a fait son succès par de ravissants tableaux de cabinets dans le premier tiers du XVIIe siècle.
Littérature : U. Härting, Frans Francken der Jüngere, Luca Verlag Freren, 1989.

Provenance : Collection privée, Italie.