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Jacob Savery le Jeune

Le paradis terrestre

Panneau : 44 x 68,5 cm

présentation

Avec les représentations du Déluge et de l’Arche de Noé, les scènes évoquant le Paradis terrestre sont naturellement à la base du développement du genre animalier. Cette discipline picturale connait un essor important dans la peinture flamande et hollandaise du XVIIe siècle. Jacob Savery le Jeune nous livre avec ce tableau une belle représentation de Paradis terrestre. Artiste issu d’une famille spécialisée dans l’art paysagé et animalier, son oncle, Roelandt Savery en est l’un de ses plus illustres représentants.

La scène évoque l’harmonie paisible qui précéda la chute. Adam et Eve occupent une place centrale au sein de la composition. L’avant et l’arrière plan sont ponctués d’animaux variés. Véritable encyclopédique animalière on y trouve les espèces suivantes : un lion majestueux à l’avant plan aux côtés d’un guépard. Non loin de là, à l’arrière plan, des espèces domestiques côtoient des espèces plus sauvages et exotiques. Des représentants des quatre continents connus à l’époque y sont représentés, de l’inévitable dindon américain à l’autruche africaine. Chaque espèce cohabite dans une totale harmonie comme le veut la tradition biblique. Le type iconographique du Paradis terrestre est à mettre en parallèle avec un autre genre mettant en scène une profusion d’animaux : Orphée charmant les animaux. De fait, le style des animaux de Savery est à mettre en relation avec une gravure de Nicolas Bruyn (Anvers, 1565 ou 1571 – Amsterdam, 1652) d’après un tableau inconnu dont une version se trouve au musée de Cassel.

C’est surtout la conception du paysage qui contribue à renforcer l’atmosphère harmonieuse de ce Jardin d’Eden. La technique fine et minutieuse du peintre s’exprime particulièrement dans le rendu des feuillages ainsi que dans la luminosité subtilement contrastée de cette composition. L’arbre central de la Tentation sert ici, au propre comme au figuré, d’élément-repoussoir central. A un niveau plus symbolique, cette construction ménage de part et d’autres deux trouées pouvant également servir de métaphore entre la vertu et le péché qui sera désormais le lot de l’humanité après qu’Eve et Adam aient goûté au fruit de l’arbre de la connaissance.

Provenance :
Collection privée, France