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de jonckheere old masters

Panneau : 77,3 x 53 cm
1548
Signé et daté 1548

présentation

Femme emblématique de la naissance de la république romaine dont Tite-Live nous conte l’aventure dans le livre premier de son Histoire romaine, Lucrèce a inspiré à de nombreux peintres du XVIe siècle de superbes compositions mettant en valeur sa beauté et sa vertu.

En visite à Rome, Sextus Tarquin fut violemment pris de passion pour Lucrèce, la femme de son cousin. Alors hôte de celui-ci, Sextus Tarquin n’hésita pas à déshonorer Lucrèce. Incarnation de la pureté et de l’honneur romain, Lucrèce décida de mettre fin à ses jours après avoir fait jurer à la noblesse romaine de la venger en chassant les Tarquins de Rome afin d’y établir une république.

Cranach fut tout au long de sa carrière fasciné par ce grand mythe. Plusieurs versions du drame font aujourd’hui parties des plus grandes collections privées et publiques. A chaque fois, l’artiste met en avant l’instant précis où Lucrèce décide de mettre fin à ses jours. Notre version ne déroge pas à la règle. Elle illustre parfaitement tout le talent du peintre : le corps de la femme peinte par Cranach se met véritablement au service de la puissance du drame grâce à cette torsion qui lui est si particulière. Dans un mouvement riche en tension, d’une main retenant la lourde étoffe et de l’autre pointant l’arme blanche sur le cœur, ce portrait représente le courage de la dame romaine. Vêtue d’une épaisse fourrure et de tissus nobles, portant des bijoux autour du cou, coiffée et voilée, notre Lucrèce est au comble de sa beauté. Sa peau laiteuse et le galbe ferme de sa chair démontrent le talent de l’artiste, qui associe à la nudité innocente et vertueuse, la dignité d’une femme de rang.

L’expression du visage est ici inédite. Dans les versions antérieures à 1548, Cranach l’Ancien exprime tantôt la douleur (Muzeum Narodowe, Varsovie), le désespoir (Gemaldegalerie de Kassel), tantôt l’impassibilité (château de Berlin-Brandenburg), ou même jette un profond regard au spectateur, témoin de son acte ( Neue Residenz de Bamberg). Dans notre version datée de 1548, Lucrèce détourne ses yeux du spectateur. Avec tout le génie qui lui est propre, Cranach dépeint dans cette version de Lucrèce une femme pleine de dignité, icône de la beauté mise au service de la pureté.

Provenance :
Kurfürlische Sammlung Dresde ;
Carl Heinrich von Heinecken ;
Collection privée.

Littérature :
Cat. exp. Par MARX Harald, MOSSINGER Ingrid : Cranach, Dresde, 2005 ;
Cat. Ex. Picasso Registros Alemanes, Museo Picasso Malaga, 2015, p.216 ;
Cat. Ex. Picasso und Deutschland, Museo Picasso Malaga Kunsthalle Würth, Schwäbisch Hall, 2016, p.216.

Expositions :
Museo Picasso Malaga, Picasso Registros Alemanes, 19 octobre 2015 – 21 février 2016 ;
Kunsthalle Würth, Schwäbisch Hall, 20 mars – 18 septembre 2016.

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