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de jonckheere old masters

Cornelis Mahu

Nature morte à l’orange sur un plat d’étain, un pichet de grès, un verre, du pain et une boîte à tabac sur un entablement

Panneau
31 x 45,5 cm
vers 1620-1630

présentation

A la fin des années 1620, la nature morte de l’école du Nord prend une forme nouvelle sous la férule de peintres de l’école d’Haarlem, Pieter Claesz et Willem Claesz. Heda. Leur influence touche bon nombre de peintres anversois parmi lesquels Cornelis Mahu, qui au travers de cette étonnante composition, nous livre sa version des « banquets monochromes ». Notre Nature morte à l’orange sur un plat d’étain, un pichet de grès, un verre, du pain et une boîte à tabac sur un entablement, par un jeu subtil de diagonales et un camaïeu de coloris, donne toute la mesure de l’art de cet artiste.

Peintre de scènes de genre et de paysages, Mahu s’adonne à la nature morte avec beaucoup d’aisance, renouant avec le réalisme au détriment de l’artifice. Le choix et la disposition mûrement réfléchie des accessoires venant animer la nature morte, du Roemer au quignon de pain, en passant par le verre renversé et le couteau, l’orange découpée dans l’assiette d’étain ou la tabatière, sont autant d’éléments qui confèrent un air résolument haarlémois à notre tableau. Ce banketje, s’il marque par son ordonnance cadencée, capte le regard du spectateur par les vibrants contrastes de lumière (chiaroscuro). Le reflet de l’orange dans l’assiette d’étain dramatise avec justesse une scène qui de prime abord pourrait se résumer à un en-cas interrompu, tandis que de subtils accents de lumière viennent ponctuer les contours du verre, du broc, de la mèche et de la tabatière.

Porteur en soi d’une idée implicite de vanitas, ce banketje expose la plupart des symboles du genre de la nature morte : l’orange découpée, dont le quartier évoque le déroulement d’une vie terrestre à l’essence amère et fugace quand elle ne se conjugue pas à une réalité spirituelle plus élevée, et la mèche allumée marquant le passage inexorable du temps et la finitude de nos espérances matérielles et sensuelles.

Cette nature morte à l’orange sur un plat d’étain, un pichet de grès, un verre, du pain et une boîte à tabac sur un entablement illustre avec éclat la virtuosité et le talent polymorphe d’un peintre pratiquant également le paysage et la peinture de genre. Parfait exemple du courant qui anima l’école haarlémoise des années 1630, notre tableau ravira les plus fervents défenseurs de la nature morte septentrionale. Car à partir des années 1640 du XVIIe siècle, Mahu adopte un style résolument plus baroque, délaissant les modèles de Claesz au profit de l’opulence des coins de table d’un Jan Davidsz. de Heem et de ses contemporains anversois.

Provenance :
Collection privée, Allemagne