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Jan van Kessel

Paire de natures mortes : Etude d’insectes, de papillons et d’escargot avec un brin de myosotis ; Etude de papillons et autres insectes avec une branche de pommier fleurie

Cuivre : 12 x 18 cm
1659
Signé et daté j.v.kessel fecit/anno 1659

présentation

Appréciées de ses contemporains pour leur qualité de trompe-l’œil, bien des œuvres de Jan van Kessel furent destinées à orner les cabinets de curiosité du XVIIe siècle. Collectionneurs et amateurs forment ces Wunderkammer dans lesquelles se trouvaient nombre de natures mortes et de planches comme ces deux Etudes peintes par Jan van Kessel. C’est à partir de 1653 qu’il commence à peindre ce type d’œuvres et la plupart des exemples conservés datent de ces années ; pour preuve l’un de ces deux cuivres est daté de 1659. Ces sujets perdurent jusqu’aux années 1660 et sont pour la majorité exécutés sur cuivre, la surface de prédilection de cet artiste. On ne peut avec certitude attester de leur fonction première, mais ces petits cuivres pourraient avoir été conçus à l'origine pour faire partie d'une série de plaques d’un petit cabinet, dans lequel un collectionneur aurait regroupé ses spécimens naturels et son herbier. Malheureusement au fil du temps, la plupart de ces ensembles ont été séparé, mais de rares exemplaires subsistent comme par exemple une série comprenant seize panneaux peints en 1656.

Kessel produisait des planches d’insectes qui parfois comme ici, étaient combinées avec des études de fleurs ou de branches de fruits. Une attention toute particulière est donnée aux détails et ça n’est que rarement qu’il répétait des motifs. Il semble que pour chacun d'entre eux, il se soit adonné à l’invention. Les divers spécimens étudiés sont examinés de différents points de vue. D'en haut comme pour l'escargot, ou sur le côté comme le hanneton et le coléoptère rouge. Aussi, il ne respecte pas l’échelle entre les insectes de façon à suggérer l’attention méticuleuse portée à chacun d’entre eux.

Contemporain de Rubens, Kessel s’inscrit plus volontiers dans la lignée de l’Ecole ganto-brugeoise et de ses miniaturistes actifs durant la Renaissance des Pays-Bas et de l’Europe du Nord. Joris Hoefnagel et Georg Flegel ont laissé de fabuleuses compositions représentant des coléoptères et lépidoptères parfaitement identifiables. Les insectes, coquillages et fleurettes semblant plus grands que nature, témoignent de l’emploi d’un instrument grossissant : le microscope, invention hollandaise, marque un progrès déterminant pour ces artistes naturalistes, au même titre que pour les zoologistes. La lumière traduit de manière analytique chaque élément, et créé ainsi des ombres subtiles et délicates. Par la liberté qu’il s’octroie dans la disposition de ces insectes et des coquillages, il se démarque de Hoefnagel, qui utilise la symétrie comme architecture de ses études. Il se rapproche ainsi de Georg Flegel par une ordonnance scandée.

D’autres études d’insectes signées de la main de Kessel sont également visibles au Fitzwilliam Museum à Cambridge, au Fine Arts Museums de San Francisco et enfin au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg. Recherchées et très appréciées de son vivant, les études d’insectes de Jan van Kessel connaissent aujourd’hui le même engouement. A la fois ludiques et insolites, ces deux cuivres sont les signes d’un temps où le peintre exprime son talent dans le minuscule passé à la loupe.

Provenance :
Charlotte Anne Montagu Douglas Scott, Duchesse de Buccleuch et Queensberry (1811- 1895) ;
Par descendance à sa fille Lady Mary Montagu Douglas Scott, plus tard femme du Colonel The Honorable Walter Trefusis MC ;
Leur fille Mary Charlotte (1879- 1952), future épouse du Capitaine William Lennox Naper ;
Leger Galleries, Londres, 1953 ;
Brian Koetser, Londres, 1964 ;
Collection privée.

Littérature :
The Connoisseur, Londres, Juin 1953, ill.Expositions : Londres, Koetser Gallery, 6 Avril – 12 Juin 1964, cat. n°18a et 18b.

Expositions :
Londres, Koetser Gallery, 6 Avril – 12 Juin 1964, cat. n°18a et 18b.