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Sebastien Vrancx

Paire de paysages : l’été et l’automne

Panneau
119 x 162 cm
Provenance : Probablement dans la collection du Cardinal Aldobrandini, Rome ; Collection privée

présentation

Souvent associé à la peinture d’embuscades et de batailles, l’art de Sébastien Vrancx touche également à la grande tradition flamande de la peinture des saisons. Avec ces deux exemples, témoignages du talent de l’artiste et de sa grande poésie, nous touchons à la peinture des premières années du XVIIe siècle, largement influencée par son récent voyage en Italie. Comme Paul Bril et Willem van Nieulandt, Vrancx s’adonne à la réalisation de scènes de la vie quotidienne dans un paysage antiquisant. Ces scènes de la vie rurale sont transposées dans des paysages idéalisés, dont les ruines et les fabriques plus modernes sont l’empreinte de l’œuvre d’Hans Vredeman de Vries.

Dans ces deux compositions, représentant l’été et l’automne, l’artiste est en pleine possession de ses moyens. Dans un paysage panoramique, pourvu d’un premier plan ponctué de nombreux personnages, on peut découvrir avec étonnement la finesse de la composition et le grand souci apporté au détail. La scène estivale, outre la lumière chaude qui l’enveloppe, est largement déterminable par l’activité de la moisson, qui occupe le second plan. Dans le premier plan traité en raccourci par une avancée de terre, Vrancx place une foule de personnages, dont certains conversent devant l’étal d’un marchand de melons, se baignent, ou encore se reposent. Au loin arrivent des chevaux chargés de foin. Au centre, une fabrique scinde la composition en deux ; on aperçoit à droite, en haut de la colline, une grande demeure.

Dans l’automne, la moisson a cédé sa place aux vendanges, et aux différentes activités qu’elle comprend : récolte dans les vignes, pressage, cerclage des tonneaux et exportation à dos de mulets. Les différentes actions se déroulent à l’abri d’une ferme pittoresque. Vrancx redouble d’invention dans l’attitude des multiples personnages : une jeune femme prend la pose avec son panier et observe un jeune garçon déguisé en Bacchus, dieu de la vigne et des plaisirs qu’elle procure. De part et d’autre de la tourelle, apparaissent des bâtiments typiquement romains : à gauche un palazzo imposant, à droite, le forum ou campo vaccino où paissent vaches et moutons. On comprend ici toute l’influence du voyage en Italie qu’il fait entre 1596 et 1601, duquel il revient profondément marqué. Il réalise ainsi la juste synthèse entre les vues de l’Italie et la peinture des mois et des saisons, particulièrement populaire dans les Flandres du XVIIe siècle.

Nourri des maîtres qui l’ont précédé et d’un esprit finement brughelien, Vrancx développe sa propre poésie à la fois lyrique et cocasse, dont chaleur des tons et harmonie de la composition sont les maîtres mots. Les costumes des figures, particulièrement léchés, sont à l’origine du statut de peintre de genre dont jouit l’artiste. A la fois variés et vivement colorés, ils font de ces paysages panoramiques des ravissantes pièces de choix dans l’œuvre de Sébastien Vrancx.