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ALEXANDRE KEIRINCX

Paysage boisé, paysans se délassant près d’une rivière

Panneau : 74 x 105,2 cm

présentation

Peintre paysagiste, il fut reçu maître à Anvers en 1619. Il séjourna à Londres en 1625, puis en 1640-41, où il fut nommé pensionnaire du roi. Il se fixa définitivement à Amsterdam en 1650 où il mourut en 1652, après y avoir résidé en 1636 et 1643. Il fut le maître d'A. Verhoeven et s'adonna exclusivement à la composition de paysages boisés, parfois étoffés de figures par C. van Poelenburgh ou B. Breenbergh. Sa conception, encore assez réaliste dans ses premières œuvres, dérive de Gillis van Coninxloo et s'apparente à celle de ses contemporains Abraham Govaerts et Jan Brueghel le Vieux.

Les paysages boisés de Keirincx ont une dimension hautement pittoresque. Les formes sont nettes et la palette oscille entre les bruns et les verts avec des gradations délicates. Vers 1630, il évolue vers le paysage hollandais et révèle des affinités esthétiques avec J. van Goyen ; sa vision se fait alors plus abstraite dans des tableaux qui deviennent de plus en plus monochromes. Plus tard, le rythme baroque s'introduit dans les compositions où il utilise des formes tourmentées et enchevêtrées. Mais ce rythme s'atténue pour faire place à un sentiment d'une nature plus sereine et plus paisible. Enfin, vers la fin de sa vie, l'artiste revient à sa première manière dans des paysages où il exprime une vision universelle de la nature.

Vaste panneau, cette composition d'Alexandre Keirincx est au cœur de la tradition paysagère instaurée par Jan Brueghel le Vieux, Sébastien Vrancx et Abraham Govaerts dans le dernier tiers du XVIe et dans le premier tiers du XVIIe siècle. Au milieu d'arbres verdoyants, deux points d'eau font de ce lieu un emplacement où la nature s'exprime dans toute sa beauté. Cette nature est vivante : nous remarquons dans ce paisible ciel bleu diverses espèces d'oiseaux qui s'envolent puis viennent se poser sur les branches accueillantes des arbres pour les décorer de leurs couleurs. Comme dans la composition de Dresde, on retrouve au centre de la composition un motif " signature " de ce peintre : la souche. Cet l'élément récurrent dans son travail anime généralement le centre de ses compositions, et ouvre de part et d'autre sur des perspectives bleutées. On peut observer ce dispositif dans les dessins du Herzog Anton Ulrich-Museum de Braunschweig.

Outre le paysage, une grande qualité peut être attestée des personnages. Deux figures placées à gauche ont disposé plusieurs pièges, dans le but d'attraper de petits animaux et une ingénieuse trappe aux oiseaux placée un peu plus loin semble attirer les proies. L'herbe dense et verdoyante du lieu devait aussi attirer bergers et bergères qui n'hésitent pas à laisser paître leurs moutons pour s'adonner à d'autres activités. Certains sont montés dans les arbres pour y récolter des fruits, d'autres se sont improvisé un déjeuner. Enfin, un couple s'applique à traire une chèvre. Toutes ces différentes activités témoignent de ce que la nature a de plus beau à travers la manière riche et délicate de Keirincx. Les personnages quant à eux sont certainement le travail d'une seconde main. Ce paysage, à l'atmosphère d'Arcadie, est à rapprocher d'un tableau d'Abraham Govaerts et Ambrosius Francken.


Provenance :
Collection privée, Italie.

Littérature :
Littérature indicative
E. Greindl, 'La conception du paysage chez Alexandre Keirincx', Jaarboek van het Koninklijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen 1942-1947, p. 115-120 ;
G.S. Keyes, 'Landscape Drawings by Alexander Keirincx and Abraham Govaerts', Master Drawings 16 (1978), p. 293-302, pl. 47 ;
Sutton, Peter C., Blankert, Albert, Masters of 17th-century Dutch landscape painting, Amsterdam, Rijksmuseum, 1987, p.362-366 ;
R.P. Townsend, 'The one and only Alexander Keirincx ; Correcting the Misconceptions', Apollo, okt. 1993, p. 220-223.