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de jonckheere old master

Hendrick Avercamp

Paysage d’hiver avec citadins et patineurs

Panneau : 31 x 52,5 cm
Signé avec les initiales HA en bas à gauche

présentation

La peinture de paysages de neige célébrée par les Flamands Hans Bol, Gillis van Coninxloo et David Vinckboons connaît un renouveau dans les Pays-Bas du Nord autour de 1600. Car à l’aube du XVIIe siècle, de cruelles gelées touchèrent cette région ; ce bouleversement climatique fut pour de nombreux peintres amstellodamois un excellent prétexte à renouveler le genre. Hendrick Avercamp est sans nul doute le meilleur et le plus subtil conteur de ce « petit âge de glace » et représente, à travers ce magnifique paysage d’hiver avec citadins et patineurs, les plaisirs de l’hiver.

Les scènes hivernales deviennent populaires dans la peinture nordique grâce à la large diffusion de la gravure de Frans Huys d’après Pieter Bruegel l’Ancien. Représentant des patineurs devant la porte de Saint Georges à Anvers, cette estampe marque le début de la peinture des jeux de glace. Le fleuve gelé devient le théâtre de scènes aussi intimes que cocasses ; et le potentiel moralisateur des petites scènes fait le succès de ces magnifiques paysages blancs. Similaire à la belle composition de 1610 conservée au Mauritshuis[1], notre tableau livre dans un format presque identique, l’immensité d’un paysage blanc ponctué de silhouettes. Dans chacune des attitudes des petits personnages, on retrouve la fantaisie et la poésie de l’univers d’Avercamp. Un format étiré, moins de personnages et un horizon plus bas, c’est vraisemblablement le parti pris des œuvres qu’Avercamp exécute après 1610, lorsqu’il quitte Amsterdam pour revenir à Kampen. Un arbre à gauche ouvre sur la petite bourgade, et doucement esquissée au loin, la brume hivernale enveloppe la composition d’un voile vaporeux.

Les citadins ont fait du fleuve leur terrain de jeu ; jeunes et anciens, hommes de petite condition ou notables, tous s’essayent au Colf, à la pêche, à la luge, à l’attelage et au patinage. Pour unique distinction, leurs vêtements, qu’Avercamp rehaussent de tâches de couleurs. Au premier plan, un personnage appuyé sur une rambarde de bois nous tourne le dos ; le peintre nous permet ainsi de mieux pénétrer la scène. Plusieurs étendards flottent dans le ciel des environs de Kampen.

Encore et toujours, la beauté de ce paysage hivernal réside sans conteste dans la grande quiétude qui en émane. La fraîcheur et la richesse de sa palette légèrement argentée, traitée dans des camaïeux de blancs, gris bleutés et bruns légers, traduisent toute l’atmosphère qui devait régner lors de ces après-midis aussi glacials qu’enjoués. Le « muet de Kampen » parvient ici à un très haut degré de son art : la composition passée dans de belles collections a sûrement ravi ses détenteurs de sa lumière douce et enveloppante.

Provenance :
Vente, Amsterdam, 6.10.1801, lot 1. ;
A. Katz, Dieren (avant 1940) ;
Collection J. L. ten Bos, Almelo, 1949 ;
Collection E.H.F.W. van Schaeck Mathon, Aerdenhout ;
Collection K. L. Sander, Bloemendaal, 1963 ;
Collection Wiggin Prescott ; Sa vente, Christie´s, New York, 9.1.1981, lot 21 ;
David Koetser ;
Collection privée, Allemagne.