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Pieter Brueghel le Jeune

Paysage d’hiver avec patineurs

Panneau
40 x 57 cm
Signé en bas à droite : P · BREVGHEL ·

présentation

Œuvre originale de Pieter Brueghel le Jeune, cette ravissante composition s'inscrit dans la série des Quatre Saisons. Ce thème, très populaire à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, a été peint plusieurs fois par Pieter le Jeune, ainsi que par Abel Grimmer. Leur modèle commun fut une série de quatre gravures publiées en 1570 par Hieronymus Cock, elles-mêmes réalisées d'après deux dessins de Pieter Brueghel l'Ancien, Le Printemps (1565, Albertina de Vienne) et l'Été (1568, Kunsthalle de Hambourg), et deux dessins de Hans Bol, l'Automne et l'Hiver. Dans son catalogue, Marlier suppose que Cock avait originellement commandé cette série à Pieter Brueghel l'Ancien et que celui-ci n'eut pas pu livrer les deux derniers dessins avant sa mort, ce qui justifia une commande d'urgence à Hans Bol afin de terminer la série et la publier en 1570.

Pieter Brueghel le Jeune a donc trouvé en ces estampes la matière de quelques-uns de ses plus beaux tableaux. Abel Grimmer s’en est également inspiré (1607, Musée Royal des Beaux-Arts d'Anvers). Mais la manière de chacun d’eux s’affirme avec netteté et leurs versions ne se confondent nullement. Alors que l’on connaît certaines séries de Grimmer restées complètes, il semble que celles de Brueghel aient été démembrées de bonne heure. Peut-être le premier avait-il l’habitude de ne pas scinder ce genre de suite, tandis que le second consentait sans doute à fournir une saison isolée à la demande du client.   Le Dr. Klaus Ertz, dans son catalogue raisonné, dénombre dix versions de cette composition par Pieter Brueghel le Jeune, de dimensions variables. 

Le panneau se compose de deux registres principaux. Le premier nous montre des paysans s'apprêtant à aller sur la glace. Comme dans l'estampe, l'artiste a placé le groupe sur une partie surélevée de la route comme des acteurs sur une scène de théâtre. Ce procédé lui permet de mettre en valeur les attitudes et les mouvements des personnages.
La composition présente deux diagonales constituées par le lit du fleuve ; l'œil est naturellement attiré vers le fond du tableau, vers le second registre où patinent des groupes épars. Nous constatons que, contrairement à Grimmer, Pierre le Jeune s'écarte de la mise en scène imaginée par Bol. Il a substitué pour un foyer la petite île artificielle à droite du château où s'élevait un arbre grêle et solitaire. De même, il supprime les hommes qui bêchent la terre à gauche ; cette partie du tableau reste nue et couverte de neige. Il rompt ainsi avec la tradition picturale chère aux XVIème et XVème siècles: celle des livres d'heures tels que celui des Très riches heures du Duc de Berry, ou le Calendrier de Pietro de Crescenzi où on associait les travaux agraires aux saisons.

Il a ajouté en revanche, plusieurs petits patineurs devant le château et selon les versions on note d'assez nombreuses variantes dans les attitudes de ces personnages. Le peintre nous donne une image des mœurs de ces concitoyens.


A travers le contraste des vifs coloris des vêtements avec le paysage clair où dominent les tons bleus-verdâtres et gris plombés traduisant la rigueur hivernale, Peter Brueghel fait preuve d'une grande maîtrise des jeux de couleurs et d'un sens rigoureux de l'observation du réel. Il va même jusqu'à marquer la neige de traces de pas. On constate que les couleurs des vêtements selon les exemplaires de Brueghel (L'hiver, Collection J. Grazia) et chez Grimmer sont très différentes, ce qui prouve bien qu'elles ont étés inventées par chacun des deux artistes et qu'aucun modèle autre que la gravure en noir et blanc ne les a inspirés. 
  
Bien que d'autres œuvres de Brueghel seront structurées de la même manière (Kermesse avec danse villageoise), le maître va rompre avec les paysages composites de ses devancier avec la série des Paysage d'hiver avec trappe aux oiseaux où par un point de vu relativement élevé il apporte un accent totalement neuf à la peinture de paysage.

Par son importance, l'équilibre de sa composition, la gamme variée et soutenue de ses coloris et la finesse de son exécution, ce tableau est donc le témoignage d'une identité stylistique spécifique Pieter Brueghel.

Provenance :
With Galerie van Diemen, Berlin;
Jacob Hartog, The Hague;
His forced sale to Hitler for the Linz Museum, 18 August 1942, for 5,000 Dutch florins;
Restituted to the Dutch Government, 29 April 1946;
Returned to Jacob Hartog, New York, in 1946;
Thence by family descent until sold New York, Sotheby's, 25 January 2007, lot 20, for $2,900,000;
With Richard Green, London;
Private collection.

Littérature :
B. Schwarz, Hitler's Museum. Die Fotoalben Gemäldegalerie Linz, Vienna 2004, no. XXI/41, p. 144, reproduced p. 351.

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