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François Clouet

(École de)Portrait de Charles IX

Huile sur panneau : 31,4 x 23,5 cm.

présentation

Cette composition est à rapprocher d’un dessin de François Clouet, conservé au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris, et d’un tableau de ce Maître, daté de 1561, conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Charles IX fut le deuxième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis. Il succéda à son frère François II, qui n’avait régné que quelques mois et monta sur le trône à un âge encore précoce : dix ans. Ce fut bien sûr sa mère qui continua l’exercice du pouvoir. Plus exactement, elle profita de ce changement de souverain pour contrebalancer l’influence des Guise en faisant appel au champion de la cause huguenote, Coligny. Charles IX était tout aussi fragile physiquement et psychologiquement que ses frères. Il était inconstant et tantôt sous l’influence de sa mère, tantôt sous celle de Coligny.

En 1750, sa mère mit fin à la troisième guerre de religion en lui faisant signer la paix de Saint-Germain qui accordait la liberté de culte protestant, ainsi que plusieurs places fortes, dont La Rochelle. Il se lia peu à peu d’amitié avec Coligny, qui en profita pour le convaincre de relancer la guerre des Flandres, dans laquelle la France devait porter secours aux protestants contre l’intolérance du pouvoir espagnol. Sa mère, qu’une guerre ouverte avec l’Espagne inquiétait, décida avec l’aide des Guise l’élimination de Coligny. Mais l’attentat échoua. Affolée par les conséquences de cet échec, alors que Paris hébergeait un grand nombre de protestants venus assister au mariage d’Henri de Navarre, Catherine, avec l’aide de son autre fils Henri, convainquit Charles IX d’éliminer tous les chefs protestants. Ce massacre, le jour de la Saint-Barthélémy en 1572, s’emballa avec la participation de tout le peuple et s’étendit à toute la France.

Tout au long de son règne, Charles IX souffrit de la préférence de sa mère pour son frère Henri. Il se réjouit lorsque celui-ci dut partir après son élection au trône de Pologne (1573). Mais malade, il mourut à la veille de ses 24 ans. Il fut remplacé par son frère Henri, le duc d’Anjou et bref roi de Pologne.

Ce portrait, supposément commandé par sa propre mère, Catherine de Médicis, avait pour objectif de promouvoir le nouveau souverain et d'affirmer son autorité. Une tâche de très haute importance car le portrait officiel devait exposer à la perfection les traits du jeune roi émanant de pouvoir pour ainsi ériger son influence émergente. Fidèle à son approche, Clouet a su distinguer les vertus prépondérantes propres à son modèle pour les assembler dans une composition captivante. Ses yeux experts ont retenus les fins détails exposants différentes facettes de la personnalité du jeune roi, mis au profit dans l’application de sa formule distinguée. Charles IX, assis en position de profil trois quarts, est vêtu d'une tenue d’apparat sobre, mais garnie de coutures dorées avec son col sévère appuyé d'un chapeau à plumes. Clouet s'est engagé dans une composition contrastée afin de valoriser les traits du visage du Roi. Le fond sombre met en évidence ses yeux et ses lèvres, scellés dans une figure à la fois tendre et imposante, et dépeignant un jeune roi en toute grâce. Délicat et à la fois autoritaire, ce portrait contient de nombreuses références à son père défunt Henri II, tels que les vêtements sombres et le port symbolique de la chaîne de l'Ordre de Saint Michel autour de son cou. Ce tableau se distingue par ses lignes strictes et le sentiment d’une maturité naissante, expertise de Clouet.

Provenance :
Collection Privée ;
Collection de Madame Skinner, Ile de Wight ;
M. Knoedler, New York;
Harry T. Zucker, Etats-Unis ;
Collection privée, Etats-Unis ;
Galerie de Jonckheere, Paris ;
Collection d’un armateur.

Littérature :
C. STERLING, A catalogue of French paintings, XV-XVIII centuries, Metropolitan Museum of Art, 1955, p. 57, n° 32.100.124.
The New York Times, A selection of paintings from the Exhibition Opening at the Koedler Galleries Tomorrow, Childhood in Art, 28 novembre 1926.
A. ZVEREVA, Portraits dessinés de la cour des Valois. Les Clouet de Catherine de Médicis, Paris, 2011, p. 365, n° 395.


Expositions :
New York, M. Knoedler, Childhood in Art, 29 novembre-18 décembre 1926, cat n°4.

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