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François Clouet (Ecole de)

Portrait d’Henri II, roi de France

Panneau
18,5 x 14 cm

présentation

Le goût pour le portrait individuel, d’après nature ou de seconde main, s’est manifesté dès le milieu du XIVe siècle en Europe pour s’épanouir lors des siècles suivants. En France, ce courant est dignement représenté par les Fouquet. Auteur du Portrait de Charles VII conservé au Louvre, Jean Fouquet est également le premier à fournir un modèle de portrait royal.

Henri II (1519–1559) régna de 1547 à 1559. Il est le fils de François Ier et de Claude de France et épousa Catherine de Médicis en 1533. Il poursuivit la politique de son père et s’allia aux princes protestants allemands pour affaiblir la puissance de son rival espagnol Charles Quint. Sous son règne les Guises jouèrent un rôle de premier plan. Pour lutter contre les progrès du calvinisme, il signe l’édit d’Ecouen (1559) qui punissait de mort les hérétiques.
A la cour, il favorisa la Renaissance littéraire et artistique. Sa maîtresse, Diane de Poitiers, pour qui il fit construire le château d’Anet, eut sur lui un large ascendant. Il mourut des suites d’une blessure lors d’un tournoi.

Quand François Ier monta sur le trône, la tradition du portrait de cour n’existait pas encore à proprement parler. Il devint urgent aux yeux des souverains d’établir enfin une iconographie royale qui fut définie par Jean Clouet. Père de François, il établit codes et modèles pour les portraits royaux. La France se fit désormais une spécialité de ce genre nouveau dont nous présentons ici un très bel exemple avec ce portrait d’Henri II. Sous son règne, la notion d’individualisme apportée par l’humanisme ainsi que par le protestantisme développe sensiblement la vogue du portrait. Le vêtement est plus sobre au profit d’une meilleure définition du visage et de l’expression. Ici, et précisément comme dans la version grandeur nature des Offices de Florence, le roi est vêtu d’un pourpoint noir et doré. Il porte le collier de l’ordre de Saint-Michel et est coiffé d’une toque à plumes. Le large col blanc brodé d’or vient souligner sa barbe et rehausser le teint de son visage.

François Clouet utilise ici les préceptes acquis dans l’atelier de son père, tout en cultivant un style personnel. Il allie l’élégance du trait, le raffinement du rendu, le sens du maintien hiératique, tempéré par les courbes du visage, à l’intensité de l’expression. Le plus singulier dans sa manière est la distance qu’il arrive à maintenir entre l’univers de ses personnages et celui des spectateurs. Ces caractéristiques picturales se retrouvent indubitablement dans notre portrait.

Provenance :
Collection du Comte de Beaupré, Nancy ;
Collection particulière.