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Ecole Allemande

Portrait d’un chevalier de l’ordre de saint Jean de Jérusalem

Huile sur panneau marouflé, panneau de chêne : 28 x 18,8 cm

présentation

Le portrait individuel commence à se développer en Europe comme un genre autonome à partir du milieu du XIVe siècle et connaît son succès lors des siècles suivants. Pendant cette période, les artistes commencent en effet à s’intéresser de plus en plus au rendu fidèle de la figure humaine et pas seulement pour le prestige de la personne représentée, mais pour sa fonction ou son statut dans la société. Ainsi, le goût accru pour la caractérisation psychologique des personnages dépeints, dotée d’une forte attention aux détails donne l’impulsion à une production hautement qualitative de portraits.

C’est exactement à cette tradition qu’appartient ce tableau. Le personnage représenté, dont le nom demeure toujours inconnu, est un homme d’un certain âge vu de trois-quarts, dont le regard est tourné vers le lointain. Vêtu d’une manière très simple et portant un bonnet noir en fourrure, l’homme a l’air concentré. La croix blanche à huit pointes, qu’on peut distinguer sur son manteau noir, nous amène à penser que le modèle appartient à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui voit ses origines à l'époque des croisades.

L’artiste anonyme démontre sa grande virtuosité avec chaque coup du pinceau tandis que les détails rendus avec beaucoup de soin et d’habilité font vivre le personnage devant nos yeux – des rides profondes entournent ses yeux et sa bouche tandis qu’une petite barbe couvre son menton.

Selon Max Friedländer ce magnifique portrait doit être attribué au Maître de la Légende de Saint Augustin, un peintre anonyme actif à Bruges au début du XVIe siècle. L’artiste doit son nom à un retable démantelée aujourd’hui, représentant la vie de Saint Augustin dont les panneaux sont conservés entre les musées de New York et Dublin. D’après l’historien de l’art, l’artiste de Bruges aurait réalisé deux autres portraits. Les trois portraits et le retable démantelé, cependant, montrent un style différent ce qui suggérerait qu’ils étaient exécutés par des artistes différentes. Le portrait provenant de la collection Brukenthal a été récemment attribué par Valentine Hendricks à Aelbert Bouts, un peintre flamand, fils de Dirk Bouts.

L’attribution au Maître de la Légende de Saint Augustin a été mise en question aussi par Ernst Buchner qui a rapproché le panneau à deux autres œuvres, attribuées à un artiste allemand, actif à Cologne et la zone de la Basse-Rhénanie vers 1460-1490, connu sous le nom du Maître de la Vie de la Vierge.

Provenance :
Professeur J. Braz, ancien conservateur du musée de l’Érmitage, Saint-Pétersbourg ;
Vente après sa mort, Paris, Charpentier, 12 mai 1938, lot 19 ;
Collection Gaboriand, Paris ;
Vente anonyme, Paris, Cherpentier, 17 mai 1950, lot 8 ;
Frederick Mont, New York ;
Monsieur et Madame Lawrence A. Fleischmann, New York ;
Vendu par les ceux-ci le 12 janvier 1966 ;
Vente anonyme, Londres, Christie’s, 11 décembre 1987, lot 31 ;
Collection privée.

Littérature :
M. J. Friedländer, 'The Bruges Master of St Augustine', in Art in America, vol. XXV, 1937, pp. 53–54, no. 1, fig. 5 ;
Arta Plastica (Roumania), no. 9, 1963 ;
M. J. Friedländer, Early Netherlandish Painting, vol. VI b, Leiden 1971, p. 116, no. 289, planche 265.