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de jonckheere old masters

Ecole Flamande

Portrait d’un gentilhomme

Panneau
18,5 x 16 cm

présentation

Un goût accru pour le portrait se développe dans toute l’Europe durant le XVIe siècle. Corneille de Lyon fait figure d’autorité dans ce domaine, et ce panneau, attribué à un peintre de l’école flamande actif autour de 1540, s’inscrit pleinement dans cette tradition. En effet, de nombreuses similarités rapprochent ce Portrait d’un gentilhomme de certaines œuvres de Corneille de Lyon : la figure se détache sur un fond vert uni qui embellit la carnation, typique de cet artiste, le personnage est figuré en demi-buste, orienté légèrement vers la droite et son visage est éclairé par une lumière provenant de la gauche. En outre, le choix d’un costume sobre qui n’attire pas l’attention aux dépens du visage ainsi que la palette restreinte sont caractéristiques de ce peintre, tout comme la dimension réduite du tableau, qui demande une réelle virtuosité technique.

Le portraituré, dont on ignore l’identité, porte un costume noir qui correspondrait à celui d’un gentilhomme anglais ou allemand, ce qui démontre la diffusion et le succès de ce type de représentation dans le reste de l’Europe à cette période. Ainsi, ce vêtement foncé, uniquement enrichi de ce col blanc qui encadre son visage, fait ressortir l’élégance de cette figure. Son toquet noir muni d’une plume, dont la finesse et la précision du détail rendent compte des différentes textures, ainsi que sa chaine en or témoignent de son appartenance sociale.

Ce portrait révèle une observation minutieuse de la physionomie et de la caractérisation psychologique du personnage. Les traits de son visage, en particulier le nez et les poches sous les yeux, sont délicatement modelés par les ombres qui lui donnent relief et profondeur, accentués par les rehauts de blanc qui viennent éclaircir les parties saillantes, comme le menton ou le haut de l’arcade sourcilière. Sa barbe, taillée avec soin, est représentée avec minutie. Le personnage fixe le spectateur avec une dignité et une retenue propres aux gentilshommes, et un travail remarquable confère une profondeur d’expression à son regard. Les teintes de rouges dans le blanc des yeux, ainsi qu’un point blanc qui anime l’iris de l’œil permettent de donner de l’âme au portrait, comme si le spectateur pouvait deviner ses pensées les plus intimes. Ce Portrait de gentilhomme incarne à la fois noblesse et raffinement, et valorise le rang élevé du portraituré. L’élégance de son traitement confère au sujet une grâce naturelle, emprunte d’une dimension psychologique complexe, qui ne laisse pas le spectateur, même contemporain, indifférent.


Provenance :
Collection privée, France.