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Corneille de Lyon

(Attribué à)Portrait d’un jeune notable en habit noir et or

Panneau : 17,8 x 15,2 cm
Vers 1540

présentation

Le seizième siècle voit en France un véritable engouement pour l’art du portrait chez la noblesse. Cet enthousiasme est peut être le plus visible chez les Clouet, qui ont laissé à l’Histoire de l’Art près d’un millier de portraits dessinés, mais également chez le peintre de la cour des Valois, Corneille de Lyon.

Ce jeune notable en habit noir et or se classe parmi les exemples de la production des maîtres de l'entourage de Corneille de Lyon : on y retrouve l’élégance de l’art de Corneille de Lyon dans ce portait sobre et raffiné. Comme chez Corneille, à l’encontre de ces véritables portraits de cour où l’on célèbre la dignité de ses modèles par un grand soin apporté à leurs vêtements et à leurs attributs sociaux, le modèle est saisi dans l'instant avec une précision et un raffinement des plus remarquables, laissant la possibilité au spectateur de deviner ses pensées les plus intimes.

Ce portrait d’un notable en habit noir et or s’inscrit tout à fait dans les conventions artistiques de la Renaissance : la figure est représentée en buste et de trois-quarts. Le personnage fixe directement le spectateur avec dignité et retenue, vertus particulièrement appréciées chez un gentilhomme. Par ailleurs, le rang élevé du personnage est mis en avant par son habit noir raffiné tout bordé d'or. Sa mise, résolument conforme à la mode française des années 1540, est élégante : fine chemise blanche, barbe taillée avec soin et bonnet très plat à plume incliné sur des cheveux courts. Il est clair pourtant que l’intérêt de l’artiste se situe dans le visage de son modèle. L'utilisation d'un fond vert typique chez Corneille qui par contraste embellie la carnation, ne fait que renforcer cet intérêt pour le visage.

Les traits du modèle nous rappellent celui d'un portrait d'homme de Corneille de Lyon, conservé aux Musée des beaux-Arts d'Anvers, daté de 1535. Bien que la réalisation du visage ait demandé moins d'attention que celui de la version d'Anvers dont ce portrait serait la réplique, on peut quand même admirer la variation chromatique de la peau par l'ajout d'une teinte rosée.

Dans ce portait l'art du peintre témoigne d'un soucis du détail qui va au-delà de la représentation, du statut du personnage, mais qui cherche à donner à son sujet un charme et une grâce des plus nobles et des plus naturelles. Cette beauté qui va au delà des conventions artistiques attire toujours aujourd'hui le regard du spectateur.

Provenance :
Collection John Harley ;
Collection privée, Italie.

Expositions :
Exhibition of the Royal House of Tudor, The New Gallery, Regent Street, London 1890, cat. 245 p. 76.