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Abraham Govaerts

Vertumne et Pomone

Cuivre
37,5 x 54 cm
Signé et daté  A. GOVAERTS 1620 

présentation

Daté de 1620, ce cuivre est une œuvre de maturité d’Abraham Govaerts. Dans un décor d’Eden, à la végétation luxuriante, le peintre illustre dune scène mythologique en mettant en scène Vertumne et Pomone. Selon la légende racontée par Ovide dans ses Métamorphoses, Vertumne, dieu des vergers et du vin ayant le don de changer son apparence (du latin vertere : changer), tombe amoureux de Pomone, ravissante déesse romaine des fruits (du latin pomum : pomme). Méfiante à l’égard des hommes, la belle déesse se mure dans ses jardins cloisonnés de verdure. Pour attirer son attention et la séduire, Vertumne prend successivement l’apparence d’un moissonneur, d’un faucheur, d’un vigneron, d’un pêcheur, d’un soldat et finalement d’une vieille femme. C’est en lui parlant avec talent de l’histoire d’amour tragique d’Anaxarète et d’Iphis que Vertumne travesti s’attire les faveurs de la déesse.

Sujet mythologique célébrant la fertilité et l’abondance, les attributs respectifs des deux dieux dissimulent de nombreuses références symboliques. L’arrosoir annonce la dimension métaphorique par sa morphologie évocatrice, le singe-spectateur, contrefaçon bestiale de l’homme, s’apprête à croquer le fruit défendu, alors même que Pomone prête une oreille attentive au propos prévenants d’un Vertumne mal déguisé tandis que la porte du pavillon-temple de l’arrière-plan s’entrouvre comme pour dévoiler la suite de l’histoire. Ce sujet est très en vogue dès la Renaissance et particulièrement au XVIIe siècle chez les peintres de la catholique Anvers : il est un prétexte idéal pour représenter la femme dénudée. Parmi les plus beaux tableaux de ce thème, la composition de Frans Francken le Jeune au Louvre s’impose ; il se peut que Govaerts ait subi l’influence de cet artiste. Entre ces deux compositions concordent la végétation luxuriante, la brouette et la charrette, la percée du paysage finissant par une petite fontaine. Govaerts accorde cependant une extrême attention dans la représentation des fruits et des animaux, constituant à eux seuls une nature morte dans le tableau.

Dans cette représentation où tout concourt à expliciter le thème, c’est sans doute par l’originalité du sujet dans le corpus des œuvres de Govaerts et dans le traitement magistral des détails que se justifie la qualité de ce chef-d’œuvre. Les fleurs et les fruits, minutieusement exécutés situent d’emblée Govaerts comme l’égal de Jan Brueghel de Velours, le lyrisme en plus. La technique coloriste rivalise avec celle dont il fut peut-être l’élève. Quoiqu’il s’en distingue pourtant par des tons plus appuyés, plus denses aux premiers plans alors que le reste du champ s’estompe dans une lumière vaporeuse et par le souci d’une composition décorative. Ce sujet devait avoir une place de choix dans ses cabinets de peinture à Anvers dans la première moitié du XVIIe siècle.


Frans Francken le Jeune, Vertumne et Pomone, toile, 49 x 64 cm, Paris, Louvre (anciennement attribué à Abraham Govaerts)

Provenance
Galerie Robert Finck, Bruxelles ;
Galerie De Jonckheere ;
Collection privée.

Littérature
Thierry, Y., Les peintres flamands de paysage au XVIIe siècle. Des précurseurs à Rubens, Bruxelles, 1986, p.219 ;
Cat.exp. Gärten und Höfe der Rubenszeit im Spiegel der Malerfamilie Brueghel und der Künstler um Peter Paul Rubens, Thomas Fusenig; Ursula Alice Härting, Münich, Hirmer, 2000, n°119 ;
Härting, U., Borms, K., Abraham Govaerts, der Waldmaler (1589-1626), BAI, 2004, n°17 p. 83, ill. p.107.

Exposition
Bruxelles, Foire des Antiquaires, galerie Robert Finck, 1965, n°7.

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