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Hieronymus Bosch

1450 - Bois-le-duc - 1516

Peu d’éléments ont survécu à la carrière de Hieronymus van Aeken, dit Bosch, et ne nous permettent donc pas d’établir avec certitude la biographie de ce grand maître flamand du XVème siècle. Le nom brabant de sa ville natale de Bois-le-Duc, Herzogenbosch, lui aurait valut son surnom de Bosch et les archives comptables de l’Illustre Lieve Vrouwe Broederschap[1] révèlent qu’il peignit les décors de la cathédrale de Bois-le-Duc parmi lesquels on compte de grandes compositions de l’Ancien Testament telles que Salomon honorant sa mère Bethsabée ou Mardochée et Esther.

Bien qu’aucun document ne permette de l’attester formellement, il est fort probable que le peintre ait séjourné en Espagne. En outre, le roi Philippe II appréciait beaucoup l’œuvre de l’artiste et acquit de lui Le Jugement dernier[2] ainsi que plusieurs autres œuvres issues de collections privées. Les tableaux peints par Bosch forment un corpus d’une grande importance pour l’histoire de l’art. En effet, cet ensemble introduit un vocabulaire nouveau peuplé de créatures hybrides inspirées du bestiaire médiéval et de monstres, matérialisant ainsi une certaine vision manichéenne de l’enfer et du paradis ainsi que les conséquences du péché et des souffrances terrestres. Ces nouvelles scènes fourmillant de détails furent généralement composées au sein de larges formats et font état d’un certain esprit moralisateur à une période annonçant les bouleversements religieux de la fin du Moyen-âge et du début de la Renaissance. C’est cette vision que l’on retrouve au sein du grand triptyque, Le Jardin des délices peint vers 1500-1505 à la fin de la carrière de Bosch[3] représentant le paradis et son jardin d’Eden, l’enfer et la vie terrestre foisonnante de personnages aux activités dont le sens demeure encore souvent énigmatique. Le chariot de foin[4], évoquant un célèbre dicton flamand, fait également partie de cette œuvre, métaphore du péché et du caractère éphémère de la vie humaine à laquelle il faut également ajouter le grand triptyque des Tentations de Saint Antoine conservé au Musée de Lisbonne[5]. Au delà de l’allégorie, l’œuvre de Bosch témoigne d’une fine analyse des hommes et de leur activités à travers de petits tableaux. Ainsi La nef des fous[6] mettant en scène une religieuse et un moine dans une embarcation à la dérive alimentait une certaine idée de la folie dans laquelle le clergé avait sa place. De même l’Escamoteur ou l’extraction de la pierre de folie dénonce la bêtise et la crédulité des individus qui se fient aux charlatans. L’univers boschien trouvât un prolongement chez les héritiers du maîre comme Jan Mandijn (1502- Haarlem-1560) ou Pieter Huys (1519–Anvers-1584) réinterprétant dans leur propre stylele vocabulaire introduit par le peintre. Certains sujets comme « la parabole des aveugles » appartiennent également au répertoire de Pieter Brueghel le Vieux (Bruegel 1525 - Bruxelles 1569) dont l’œuvre présente des points communs avec celle de Bosch en ce qu’elle s’attachait à traduire un regard incisif sur la société de leur temps.